Le transport de marchandises à la voile : mythe ou réalité ?

90% du transport de marchandises mondial se fait aujourd’hui par bateau, et comme le soulignent de nombreux écologiques, ce secteur est l’un des seuls à n’avoir pas réduit son empreinte carbone depuis 30 ans ! Alors la navigation de marchandises peut-elle faire un retour remarqué dans nos sociétés ?

Plusieurs voiliers-cargos existent déjà : les plus connus sont Towt, Grain de Sail, les Frères de la côte…

Mais comment ces voiliers capables de faire voyager entre 35 tonnes et 50 tonnes de cargaison peuvent-ils rivaliser avec les quelque 180.000 tonnes de chargement d’un porte-conteneurs traditionnel ? Les voiliers transportent principalement des matières premières qui seront transformées par leurs affréteurs : ils font le lien direct entre le producteur et le consommateur.Les équipes du “Très Hombres” récupèrent, par exemple, du rhum en Martinique et aux Caraïbes. Ce rhum est ensuite acheminé en Europe où ses affréteurs le mettent en bouteille et le vendent directement sur place. Le bateau repart avec des denrées européennes, comme de l’huile d’olive, du vin ou autres spiritueux que ses affréteurs revendront directement dans les îles. C’est ce type de diversification des activités qui permet aux transporteurs de gagner de l’argent. Beaucoup d’entre eux ont encore à l’esprit que le modèle du transport de marchandise à la voile était rentable au XXIe siècle.

Une autre solution est à l’étude et elle séduit de plus en plus d’armateurs : elle consiste à mettre des voiles sur des porte-conteneurs déjà existants.L’entreprise Airseas veut révolutionner ce secteur du transport maritime. Elle vient de faire des essais très prometteurs dans le Morbihan au mois de mars, et il y a quelques semaines au large des côtes méditerranéennes françaises, sur une grande barge équipée d’une grande voile de parapente. Vincent Bernatets, cofondateur et PDG de cette société issue d’Airbus, créée en 2016, qui compte aujourd’hui une trentaine de salariés confie : « Les essais sont très probants et, dès la fin de l’année, un navire sera équipé pour une première traversée transatlantique ».

SeaWing peut ainsi tirer des navires de plus de 200 000 tonnes

La voile baptisée« SeaWing » a une surface de 250 à 500 m2. Elle bénéficie de capacités de vol dynamique, et peut monter entre 150 et 300 mètres d’altitude ce qui augmente la puissance de traction qui peut atteindre à ce jour les 100 tonnes. SeaWing peut ainsi tirer des navires de plus de 200 000 tonnes et de plus de 300 mètres de long. Un armateur japonais, K Line, a déjà commandé une cinquantaine de voiles.

L’objectif à terme serait d’équiper 15% de la flotte commerciale mondiale, ce qui pourrait entrainer une réduction annuelle de plus de 40 millions de tonnes de CO2. En France, l’association Wind Ship rassemble une quinzaine d’acteurs du secteur, avec comme objectif de « structurer la filière de propulsion par le vent, qui doit devenir le pilier de la relance, contrairement à l’image un peu désuète des voiles ».

Les cargos-voiles sont à l’amorce d’une nouvelle révolution. Lentement mais sûrement…

#voile, #navigation, #cargos, #seawing

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