Covid-19 : Spoutnik V, victoire diplomatique pour Vladimir Poutine… – Réactualisé-

Le vaccin russe Spoutnik V marque de précieux points. La revue médicale The Lancet, appuyée par un panel d’experts indépendants, a rendu un avis favorable au vaccin russe en le jugeant efficace à 91,6%. Une revanche que peut savourer Vladimir Poutine… Spoutnik V dont le nom rappelle l’exploit soviétique du premier satellite dans l’espace et le V de la victoire, obtient des résultats supérieurs à ceux des vaccins d’AstraZeneca ou de Jonhson & Johnson. «Ce vaccin est sans doute la percée scientifique la plus importante pour la Russie depuis l’époque soviétique», estime même Bloomberg.

Il est déjà opérationnel dans une trentaine de pays dont l’Inde, le Brésil et la Hongrie qui n’a pas attendu l’agrément de l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour pouvoir l’utiliser, ainsi qu’en Espagne.

Dès le 11 août 2020, Vladimir Poutine avait annoncé : « Notre vaccin est tout à fait efficace ». Et de préciser que l’une de ses deux filles aurait reçu le fameux vaccin sans effets secondaires majeurs. En septembre, la communauté scientifique avait calmé son ardeur : le vaccin n’en serait, alors, qu’à la phase 3 du processus, c’est-à-dire au même niveau de développement que les molécules d’AstraZeneca, de Moderna et de Pfizer aux États-Unis. « Ce vaccin reflète davantage la capacité de la Russie à l’improvisation scientifique qu’à l’élaboration d’une stratégie réfléchie », écrit le Whashington Post.

Alors que les variants se multiplient, Spoutnik V apparaît bien comme un vaccin efficace et reconnu. La Commission Européenne a été accusée de n’avoir pas su planifier sa stratégie vaccinale, n’achetant que trop peu de vaccins et trop tard. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été vivement critiquée pour sa gestion. On lui reproche une naïveté vis-à-vis des différents laboratoires. « J’assume », a-t-elle fait savoir. Après avoir fait une croix sur le vaccin russe, elle vient de faire marche arrière et Spoutnik V est même une aubaine pour lutter contre les retards et atermoiements des autres labos :« Si les producteurs russes comme chinois ouvrent leurs dossiers, montrent de la transparence et toutes leurs données (…), alors ils pourraient avoir une autorisation conditionnelle de mise sur le marché comme les autres ». Et la présidente de la Commission européenne de préciser : «  Je dois dire que nous nous demandons toujours pourquoi la Russie propose en théorie des millions et des millions de doses, sans pour autant faire suffisamment de progrès dans la vaccination de sa propre population. »

L’Agence européenne des médicaments insiste sur le fait que Spoutnik n’a même pas encore entamé la phase d’examen continu.
Il est cependant à noter que l’Agence européenne des médicaments n’a, à ce jour, reçu aucune demande d’examen continu ou d’autorisation de mise sur le marché pour le vaccin Spoutnik V, “malgré des reportages affirmant le contraire”, a-t-elle déclaré dans une “clarification” datée du 10 février. -Le régulateur a confirmé par courriel à l’AFP que la situation n’avait pas changé le 18 février.- Les experts de l’EMA “doivent d’abord donner leur accord avant que les développeurs ne puissent soumettre leur demande d’accès au processus d’examen continu”.
__________________________________

Réactualisé : l’Agence européenne des médicaments a annoncé ce jeudi 4 mars avoir commencé l’examen du vaccin russe Spoutnik. Les autorités russes, elles, se sont dites prêtes jeudi à fournir des vaccins à 50 millions d’Européens à partir de juin.

____________________________________

Pour le moment, trois vaccins sont autorisés dans l’Union européenne : ceux de Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca. Un quatrième, celui de Johnson & Johnson, est soumis à une demande d’autorisation. Et deux autres, ceux de Novavax et CureVac, ont entamé leur processus d’examen continu.

Autre avantage du vaccin russe : son prix. Spoutnik (10 dollars) est bien moins cher que le Pfizer (20 dollars) ou le Moderna (33 dollars). Spoutnik V pourrait rapporter quelque 25 milliards d’euros à Moscou.

Ce vaccin signe aussi une vraie victoire diplomatique pour Vladimir Poutine qui dès 2018 s’était engagé à créer 900 nouveaux laboratoires, dont 15 centres de recherche de classe mondiale en mathématiques, génomique, matériaux et robotique. Le 5 février dernier, un financement de 205 milliards d’euros d’ici à 2030 pour la science et la recherche médicale avait été annoncé.

Il reste maintenant à la Russie de pouvoir répondre à la demande de fabrication de ce vaccin. La virologue Marie-Paule Kieny observait récemment dans Le Monde : « L’institut Gamaleïa fait de la recherche, pas de la production à grande échelle. Ils ont passé des accords avec des fabricants locaux ou des producteurs internationaux de médicaments génériques mais il va être complexe de s’assurer de l’homogénéité du produit. Or, c’est aussi cela que regardent les agences de régulation ».

A suivre donc.

N.P

#poutine, #covid-19, #SpoutnikV

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*