Pêche à l’aimant : une pratique écologique, culturelle, mais aussi contestée…

58 : c’est le nombre de tonnes de déchets que l’association L’Aimant dunkerquois a repêché dans le port de Dunkerque (Nord) et les cours d’eau de la région depuis sa création en 2018. La pêche à l’aimant est une pêche méconnue, mais qui se développe.

Son principe : aller chercher dans l’eau des objets abandonnés, tombés par accident à l’aide d’un aimant. «Tout ce que vous pouvez imaginer de métallique se trouve dans l’eau. Citez-moi n’importe quoi, on l’a sorti», indique Didier Hau, président de l’Aimant dunkerquois.

Et de donner des exemples concrets : vélos, scooters, carcasses de voitures, barrières de chantier, caddies, coffres-forts… Mais aussi et parfois des vestiges de notre patrimoine émergent des profondeurs. Une épée de la fin du XVIIIe siècle, datant de la guerre de Vendée a été retrouvée dans la Sarthe et confiée au musée militaire du Mans. Ou encore des munitions…

La force d’adhérence de l’aimant varie de 50 kg à plus d’une tonne. Les trouvailles sont soit revendues chez un ferrailleur, soit remises aux services municipaux. Parfois des artificiers doivent intervenir également.Pour Jean-Philippe Brasier, président de l’association Pêche Aveugl’Aimant il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau : «Nos grands-parents nettoyaient déjà les rivières au grappin. On n’a rien inventé».

Il faut toutefois savoir, au risque de décevoir des chercheurs de trésors que l’or et l’argent ne s’aimantent pas.

Cette pêche est toutefois très réglementée et contestée : les règles qui encadrent cette pratique sont identiques à celle applicable à la détection d’objets enfouis. L’article L.542-1 du code du patrimoine stipule que «nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d’objets métalliques, à l’effet de recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation». Elle est interdite dans les cours d’eau, les rivières, les lacs, les fleuves, les canaux, sans autorisation de l’Etat, propriétaire des biens sous-marins. Il faut également une autorisation du propriétaire du terrain ou cours d’eau lorsqu’un pêcheur opère sur un lieu privé. Des délits passibles d’une amende de 7 500 €.

Face à ces dérapages plusieurs préfets ont préféré interdire cette pratique désormais impossible dans les départements de Meurthe-et-Moselle, de l’Aude, de la Marne, de la Haute-Saône, de la Somme et du Calvados

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Emission spéciale RFI-La Revue en hommage à Béchir Ben Yahmed.  Avec les participations de Lakhdar Brahimi (diplomate et homme politique algérien), François Soudan (directeur de la rédaction de Jeune Afrique), Joséphine Dedet (rédactrice en chef adjointe de Jeune Afrique) et Jean-Louis Gouraud (conseiller éditorial de La Revue). 
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