Iran : L’ultraconservateur Ebrahim Raïssi intronisé Président

Vainqueur de la présidentielle de juin – qui a été marquée par une abstention record- Ebrahim Raïssi, 60 ans, a succédé ce 3 août 2021 au modéré Hassan Rohani pour un mandat de quatre ans.

Ce dernier restera comme celui qui avait conclu, en 2015, un accord sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances, après des années de tensions.

Dans un décret lu par son chef de cabinet, l’ayatollah Ali Khamenei a intronisé Ebrahim Raïssi. «Conformément au choix du peuple, j’intronise l’homme sage, infatigable, expérimenté et populaire Ebrahim Raïssi comme président de la République islamique d’Iran ».

Le nouveau président est attendu sur plusieurs dossiers sensibles : il devra relancer l’économie minée par les sanctions américaines – En 2018, Donald Trump, avait retiré son pays, ennemi de la République islamique d’Iran, de l’accord de 2015 et rétabli les sanctions américaines contre Téhéran- et la crise sanitaire. L’Iran a été le pays le plus durement touché du Proche et Moyen-Orient. « Ce que nous avons fait l’a été dans une situation difficile, conséquence de la guerre économique et du coronavirus, et cette année, la sécheresse s’y est ajoutée ».

Il aura aussi la délicate mission de sauver l’accord international sur le nucléaire. Joe Biden, a affirmé être prêt à revenir à l’accord de 2015. Mais L’ayatollah Khamenei qui reste incontournable sur ce dossier a confié que « faire confiance à l’Occident ne fonctionnait pas ( …) Les Américains promettent : “Nous allons lever les sanctions.” Mais ils ne l’ont pas fait et ne le feront pas. Ils mettent même des conditions dans l’accord pour nous obliger à négocier d’autres sujets plus tard, faute de quoi, il n’y aura aucun pacte. Ainsi, ils cherchent à créer des prétextes pour leurs prochaines interférences dans l’accord nucléaire et dans les questions balistiques et régionales« .  

Le spécialiste Thierry Coville, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques, livre une analyse différente sur le site de RFI : « Je pense que les Américains ont compris que s’ils continuaient sur la logique de demander aux Iraniens d’ouvrir des négociations sur la politique régionale de l’Iran et le programme balistique iranien, ils n’avanceraient pas. Ils ont compris qu’il faut d’abord qu’ils reviennent dans l’accord de 2015. Du côté iranien, ils vont sûrement avoir une position plus dure que le gouvernement précédent en matière de négociations. Mais ils sont très pragmatiques : l’Iran est dans une grave crise économique, les « durs » savent très bien que [un accord] serait bénéfique pour l’économie et la population iraniennes si les sanctions américaines sont levées, notamment l’embargo pétrolier. Donc, je pense qu’ils veulent un accord. »

Le nouvel homme fort du pouvoir cherchera a renforcer les relations économiques entre la République islamique d’Iran et les pays voisins, mais aussi avec la Russie et la Chine.

Comme le souligne Le Monde, les trois piliers du pouvoir en Iran (exécutif, parlementaire et judiciaire) sont aujourd’hui aux mains des plus durs, marqués par un profond antiaméricanisme.

#iran, #EbrahimRaïssi, #AliKhamenei

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