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Le modèle antarctique

Le modèle antarctique

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Il y avait la France et l’Angleterre. Et le Chili et l’Argentine. Il y avait aussi l’Australie et la Nouvelle Zélande. Sans oublier la Norvège. Tous se fondaient sur les découvertes de leurs explorateurs et sur les travaux de leurs scientifiques pour réclamer une part de souveraineté sur le continent Antarctique.

Une part du gâteau ! La comparaison s’impose car tous ces pays revendiquaient quelques centaines ou quelques milliers de kilomètres de côte et à partir des extrémités de cette terre   ils tiraient deux traits convergents jusqu’au  Pôle Sud. Toute la « tranche » concernée devait leur appartenir en toute propriété. Et puis, bien sûr, au large des côtes revendiquées, chaque Etat voulait s’approprier des droits de pêche exclusifs. Souvent les revendications se chevauchaient malgré l’immensité des territoires concernés. La France se sentait assez tranquille car personne d’autre n’avait de prétention sur la Terre Adélie et sur l’étroite part de gâteau (ou de fromage !) allant jusqu’au Pôle. 

Néanmoins tous les ingrédients de multiples conflits majeurs étaient rassemblés. Le continent était tentant. Pas de population locale. Aucun animal dangereux (il n’y a pas d’ours en Antarctique). Des ressources minières probables et halieutiques sûres. Et surtout des espaces gigantesques parfaitement adaptés à toutes les expérimentations militaires et au stockage de déchets nucléaires ou non.

Et puis, il y eut l’Année géophysique internationale en 1957-1958. Douze pays installèrent soixante bases scientifiques sur le continent et les îles avoisinantes. Et, heureuse surprise, à la suite de ces études, les Etats, poussés par leurs scientifiques, prirent le parti de ne pas se  déchirer et de s’organiser. Les Etats-Unis et l’URSS décidèrent en pleine guerre froide de ne pas en découdre et le traité de 1959 sur l’Antarctique fut signé d’abord par douze Etats puis par de très nombreux autres (53 maintenant). 

Le continent antarctique est déclaré « Terre de paix et de science ». Les revendications territoriales ne sont pas supprimées : elles sont simplement « gelées ». (Terme qui s’impose compte tenu de la température des lieux !) En 2048, théoriquement, les Etats pourront recommencer à faire valoir leurs prétentions. En fait, tout porte à croire qu’ils n’en feront rien tant la situation actuelle donne satisfaction. 

Aujourd’hui aucune activité militaire, aucune exploitation minière n’est autorisée sur le continent et sur les terres émergées au sud du 60e parallèle. Toute pêche, toute chasse est interdite jusqu’à la haute mer. L’environnement est préservé. Le tourisme sévèrement encadré. Tous les exploitants de bateaux de croisière doivent respecter une charte précise évitant tout déchet rejeté en mer et tout transfert de graines non indigènes. Les vêtements sont aspirés, les bottes désinfectées avant chaque débarquement. Les descentes à terre sont limitées en nombre et en temps… car il ne faut pas risquer de gêner les pingouins. Ces derniers d’ailleurs - j’en suis témoin - semblent  se moquer éperdument des présences humaines. 

L’Antarctique est un lieu où les hommes ont la possibilité d’admirer une nature d’une beauté incroyable sans se déchirer. Puisse ce modèle faire tache d’huile. On peut toujours rêver !

 

 

 

 

 

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