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Palmarès 2010

Jusqu´à la chute du communisme en 1990, il y a donc vingt ans, pour les politologues et les économistes, trois mondes d´inégales importance et qualité coexistaient sur notre planète.
Béchir Ben Yahmed, directeur et rédacteur en chefBéchir Ben Yahmed, directeur et rédacteur en chef

Le premier monde rassemblait la bonne trentaine de pays qui, après avoir su enfourcher la révolution industrielle du XIXe siècle, se sont développés par l´économie de marché.

à ce monde on a accolé le qualificatif de capitaliste, et bien que le Japon l´ait rejoint, on a communément utilisé le mot Occident pour le désigner.

Les Occidentaux ont instauré, sur le plan politique, des régimes démocratiques, qui sont devenus le signe distinctif de ce premier monde.


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Le deuxième monde, lui, est né en 1947, après la Seconde Guerre mondiale et au début de ce qui allait devenir la guerre froide. Il s´est constitué autour de l´URSS, et on l´a appelé socialiste ou communiste.

Il s´est opposé au capitalisme et à l´économie de marché, prônant le collectivisme ou l´étatisme et pratiquant la planification la plus rigide, sous la férule d´un parti unique. La Chine ayant fait sécession, ce monde s´est scindé en deux dans les années 1960, mais sans perdre ses caractéristiques principales.

Tous « les autres », quelque cent cinquante pays, dont certains très grands et d´autres tout petits, donnaient l´impression d´être un magma.

La plupart de ses membres étaient tout juste libérés du statut de territoires coloniaux, mais pas encore du sous-développement économique, social et culturel...

Cet ensemble hétéroclite n´avait pas de place bien définie sur l´échiquier mondial, ni de nom. Jusqu´à ce qu´un célèbre démographe français, Alfred Sauvy, invente le terme de tiers-monde, qui fera florès.


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La chute du communisme et la dislocation de l´URSS ont fait disparaître le deuxième monde du jour au lendemain. Et elles ont ouvert, toute grande, la porte à une profonde transformation du tiers-monde : celui de 2010 n´a presque plus rien à voir avec celui que nous avons connu au XXe siècle.

L´adoption par la Chine de Deng Xiaoping, dès 1978, de l´économie de marché et, à son exemple, peu à peu, par tous les pays qui jusque-là pratiquaient l´étatisme économique, le développement fulgurant des échanges commerciaux et la mondialisation ont conjugué leurs effets pour secouer les pays du tiers-monde.

Du coup, quelques-uns sont sortis de leur léthargie.

C´est ainsi que l´on a vu certains d´entre eux finir par trouver la clé du développement qu´ils cherchaient depuis si longtemps.

De leur côté, flairant des profits élevés dans une relative sécurité, les investisseurs étrangers, qui répugnaient jusque-là à courir le risque des pays non développés, se sont mis à placer des capitaux par centaines de milliards de dollars chaque année dans ces contrées périphériques, les aidant à atteindre une croissance économique annuelle trois ou même quatre fois plus élevée que leur croissance démographique.

On a alors commencé à chercher un nom à ces nations qui méritaient pour la première fois l´appellation de pays en voie de développement. Et, un beau jour, on a créé de toutes pièces l´expression de pays émergents.


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Elle aussi a fait florès : elle s´est peu à peu répandue dans la presse et les conversations, mais sans qu´on lui donne à ce jour une définition précise, ni que l´on sache exactement à quels pays elle s´applique.

Parmi les quelque cent cinquante pays de l´ancien tiers-monde, lesquels méritent cette appellation ?

Quels sont donc les pays en passe de rattraper la caravane des pays développés et dont on peut dire qu´ils sont vraiment émergents? Combien sont-ils ? Dix, vingt ou cinquante ? Forment-ils un club auquel on accède? Et si oui, selon quels critères ?

Aussi étonnant que cela paraisse, il n´existe pas aujourd´hui de définition incontestable de l´émergence, ni de réponses aux questions que l´on est en droit de se poser à l´évocation de ce nouveau concept.

Ce constat a conduit l´équipe économique de La revue, ce mensuel dont vous avez en main le numéro 1, à s´atteler à la tâche passionnante de circonscrire ce concept d´émergence.


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Nos recherches, nos études et nos consultations ont commencé il y a un an. Mois après mois, l´équipe que nous avons mise en place a élaboré un corps de critères - économiques, sociaux, politiques et culturels - de l´émergence.

Puis, statistiques récentes et objectives à l´appui, nous avons soumis les pays de l´ex tiers-monde à cet ensemble de critères.

Il en est résulté le premier palmarès des pays émergents, auquel, à l´heure où j´écris ces lignes, l´équipe dirigée par Jean-Pierre Séréni est en train de mettre la dernière main. Nous publierons ce premier palmarès dans le prochain numéro de La revue, qui paraîtra le 24 avril 2010.

Et, chaque année, à cette même époque, nous en publierons une version actualisée afin de suivre les évolutions internes du « club des pays émergents », les performances - économiques et sociales - de ses membres.

Dans ce numéro 2 de La revue, Jean-Pierre Séréni vous dira tout sur la méthode utilisée, sur les critères retenus et l´importance que nous avons affectée à chacun d´entre eux, ainsi que sur les précautions prises pour que ce palmarès soit reconnu comme un bon instrument de mesure de l´évolution économique et sociale de ce groupe de pays qui fait de plus en plus parler de lui parce que ses membres comptent : leurs progrès ont un retentissement sur notre vie quotidienne et sur notre condition de citoyens d´un « monde dont le centre est partout ».


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Mais, dès ce numéro 1 de La revue, en pages 34 à 37, nous vous donnons à lire un sondage réalisé par l´institut CSA qui, à notre demande, a interrogé l´opinion française sur le sujet : vous serez surpris - comme nous l´avons été - de constater que la majorité des Français a non seulement pris conscience de l´émergence, mais que le phénomène lui paraît plutôt positif.


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Notre travail de recherche a été conduit avec le plus grand sérieux par une équipe compétente et totalement indépendante, je puis vous l´assurer.

J´ai donc bon espoir que notre palmarès annuel sera considéré comme fiable et crédible dès 2010.

Nous l´affinerons et le perfectionnerons d´année en année, avec la volonté de faire de chacune de ses parutions un événement.

Vous pourrez donc lire dans le prochain numéro de La revue la première livraison de ce nouvel instrument de mesure du phénomène contemporain de l´émergence économique des pays les plus performants de l´ex tiers-monde.

Aidez-nous par vos suggestions à vous donner l´année prochaine, à la même date, un outil de référence qui fait autorité.

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