Retour à la liste

Afrique - Le temps des putschs démocratiques

 

Un militaire renverse un dictateur avant de restituer le pouvoir aux civils : c’est une nouvelle tendance sur le continent africain. Mais pourquoi renoncer à un fauteuil pour lequel on a risqué sa peau ?

Par Christophe Boisbouvier

Peut-on être putschiste et démocrate ? Depuis que César a franchi le Rubicon, la question semble incongrue mais l’Afrique contemporaine est peut-être en train d’inventer quelque chose de nouveau. En 1979, le Nigérian Olusegun Obasanjo inaugure la liste des putschistes qui renoncent au pouvoir au bout de quelques années. Coauteur d’un coup d’État commis quatre ans plus tôt, il rend le pouvoir aux civils. La même année, le Ghanéen Jerry Rawlings l’imite… puis se ravise. Trop de corruption chez les civils à son goût. En 1981, il reprend le pouvoir pour dix-neuf ans.

 

En Afrique francophone, c’est le Malien Amadou Toumani ­Touré (ATT) qui ouvre la voie des « coups d’État démocratiques ». En 1991, il renverse un dictateur. Quatorze mois plus tard, il se retire au bénéfice du président élu, Alpha Oumar Konaré. Et dans son sillage, une nouvelle génération de putschistes voit le jour. Au tournant du siècle, le Mauritanien Ely Ould Mohamed Vall et le Nigérien Salou Djibo en sont les prototypes. Un jour, ces officiers prennent le pouvoir. Un autre, ils le rendent en organisant une élection à laquelle ils ne se présentent pas. Pourquoi renoncent-ils à un fauteuil pour lequel ils ont risqué leur peau ?

 

Le premier élément d’explication est sans aucun doute l’environnement international. Fini les coups d’État qui laissaient le monde sans réaction. Après la déclaration d’Alger de 1999 condamnant toute rupture de l’ordre constitutionnel, l’Union africaine (UA) suspend tous les pays frappés par un coup d’État. Aujourd’hui, c’est le cas de Madagascar. Après l’accord de Cotonou entre l’Union européenne (UE) et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) – un accord qui est entré en vigueur en 2003 –, les pays riches coupent leur aide aux régimes issus d’un changement anticonstitutionnel. En 2009 et 2010, le Guinéen Moussa Dadis Camara et le Nigérien Mamadou Tandja en ont fait les frais. La menace d’asphyxie de leur pays par l’UE a sans doute contribué à leur chute.

 

Signe que la pression internationale est de plus en plus ­forte, le putschiste d’aujourd’hui essaie d’éviter le scandale de la mort de son prédécesseur. Ce n’est pas un hasard si les chefs d’État africains ont adopté la déclaration d’Alger trois mois après l’assassinat du président nigérien Ibrahim Baré Maïnassara. Déjà, en 1987, l’exécution du Burkinabè Thomas Sankara avait soulevé une vague d’indignation dans toute l’Afrique. Depuis le tournant du siècle, la plupart des chefs d’État renversés ont eu la vie sauve.

 

La plupart, mais pas tous. Le Bissau-Guinéen Nino Vieira a été sauvagement assassiné en 2009. Le Congolais Laurent-Désiré ­Kabila a été tué en 2001. Et l’on sait ce qu’il est advenu de Mouammar ­Kaddafi en octobre dernier... Quand Omar Bongo recevait un visiteur étranger qui conspirait contre son président, il lui disait : « Attendez qu’il sorte. » François Bozizé a écouté le conseil. En 2003, il a attendu qu’Ange-Félix Patassé sorte de Centrafrique pour le renverser avec l’aide décisive de l’armée tchadienne.

 

La pression extérieure est donc là, mais pas seulement. Le plus intéressant est ailleurs, dans la tête des putschistes eux-mêmes. Quelles sont leurs vraies convictions ? En Mauritanie et au Niger, des officiers et des soldats ont comploté « pour la démocratie ». Mais que voulaient-ils réellement ? Ces deux putschs valent la peine qu’on y regarde de plus près. Retour d’abord sur la Mauritanie, et sur le coup le plus « propre » de ces dernières années.

Nouakchott, dans la nuit du 2 au 3 août 2005. Le président Maaouiya Ould Taya, qui est devenu autiste et irascible depuis une première tentative de putsch contre son régime, est renversé en son absence par deux de ses hommes de confiance, Ely Ould Mohamed Vall et Mohamed Ould Abdelaziz. Le premier devient chef de l’État mais, sur le terrain, à 3 heures du matin, c’est Abdelaziz qui va arrêter à leur domicile les officiers restés fidèles à Ould Taya [voir encadré page 61]. Abdelaziz aura ce mot : « Je suis allé en personne chez les loyalistes pour les arrêter parce que je ne pouvais pas prendre le risque de laisser l’un ou l’autre s’échapper en sautant par la fenêtre. C’est ma vie qui était en jeu. »

 

Du coup, Abdelaziz devient le nouvel homme fort de l’armée. Un signe qui ne trompe pas : lors des meetings de la junte dans le grand stade de Nouakchott, les deux officiers se montrent côte à côte, sans que Vall ait la préséance.

Abdelaziz laisse Vall conduire la transition démocratique jusqu’à l’élection d’un civil à la tête de l’État. En mars 2007, Vall s’efface avec le sentiment du devoir accompli. La presse le surnomme « l’ATT de Mauritanie », et l’on voit poindre sous sa moustache un petit sourire de satisfaction. Il veut entrer dans l’histoire de son pays comme celui qui y a introduit la démocratie… Mais Abdelaziz guette le premier faux pas du nouveau président, Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Les attentats terroristes se multiplient. Le 6 août 2008, sans coup férir, ­Abdelaziz prend le pouvoir. Il y est toujours. Il promet de mener une ­lutte implacable contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et les Occidentaux ferment les yeux sur l’élection à laquelle il se présente… et qu’il gagne haut la main.

 

En clair, le putsch ­opportuniste d’Abdelaziz annule le putsch ­démocratique de Vall. Le printemps mauritanien n’aura duré que trois ans, de 2005 à 2008. ­Comme au temps de la guerre froide, la ­lutte contre Al-Qaïda excuse bien des choses et rend l’Occident très indulgent à l’égard de l’homme qui, en 2008, referme la parenthèse démocratique. On touche ici aux limites des convictions démocratiques des nouveaux putschistes… et de la communauté internationale.

 

Le Niger risque-t-il de connaître le même sort ? Après le putsch démocratique de Salou Djibo, la comparaison est tentante. À Niamey comme à Nouakchott, les conjurés se jurent fidélité à la vie à la mort, puis se brouillent. Dans les deux cas, le numéro 1 de la ­junte est plus démocrate que le ­numéro 2. Comme Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le nouveau président démocratiquement élu du Niger, Mahamadou Issoufou, est confronté à la ­menace islamiste. Il doit gérer en sus les graves contrecoups de la révolution libyenne. Il reste que l’histoire ne repasse pas les plats…

 

Jamais peut-être un putsch n’aura été autant désiré que ­celui de Niamey. En février 2010, Mamadou Tandja fait l’unanimité contre lui, à l’exception notable de l’Algérie et de la Chine. Depuis trois mois, le président nigérien nargue tout le monde. 

 

Au terme de son second mandat, il vient de s’octroyer en toute illégalité un « bonus » de trois ans, le tazartché (« continuité » en langue haoussa). Sans le dire – ce n’est pas politiquement correct –, la communauté internationale souhaite que le septuagénaire soit renversé par son armée, qui a de ­solides traditions putschistes. Tous les regards sont tournés vers le colonel Pelé, le chef de la zone militaire de Niamey. Mais le coup ne viendra pas de lui…

 

Le matin du 18 février 2010, tout est calme à Niamey. Certes, son tazartché passe mal auprès de la population mais, à coups de millions de francs CFA, le président Tandja s’est acheté le soutien des officiers supérieurs de son armée. Il soigne tout particulièrement l’état-major et, bien sûr, le colonel Pelé. Ce ­dernier a toute confiance dans l’un de ses seconds, le commandant Salou Djibo, qui dirige la compagnie d’appui, une unité d’élite de 2 000 hommes chargée de protéger Niamey. Bref, pour Mamadou Tandja, il n’y a pas d’ombre à l’horizon.

 

Ce qu’il ne sait pas, c’est que, depuis un mois et dans le plus grand secret, Salou Djibo et six autres hommes préparent sa chute méthodiquement [voir encadré ci-dessous]. À 12 h 30, la compagnie d’appui se lance à l’assaut du Palais avec le soutien d’hélicoptères de combat. À 15 heures, tout est fini. Tandja est prisonnier. Cinq loyalistes ont été tués dans leur blindé. À l’étranger, on condamne le putsch pour la ­forme, mais ­beaucoup applaudissent. Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, ­résume le sentiment général : « Un coup d’État est toujours illégal mais, du temps de Tandja, on était dans l’impasse, et ce coup d’État est venu donner une petite lueur que nous allons élargir pour que ce soit une lumière éclatante. » Très vite, le putschiste est accueilli à Paris par Abdou Diouf et Nicolas Sarkozy. Il promet de ne pas rester plus d’un an au pouvoir. Tout va pour le mieux.

 

Le problème, c’est qu’on ne fait jamais un putsch tout seul. Et une junte, c’est friable. Plus encore quand le choc des ambitions se double d’un conflit politique. Six mois à peine après leur arrivée au pouvoir, les conjurés de Niamey se divisent. Deux hommes s’opposent à Salou Djibo : le ­colonel Abdoulaye Badié, ­numéro 2 de la junte et ex-intendant général des armées – c’est lui qui, le 18 février, a assuré le ravitaillement des putschistes –, et le lieutenant Size, le chef du commando qui s’est emparé de la personne de Tandja. Ces deux officiers veulent une transition plus longue que prévu – trois ans – et réclament la mise hors jeu de toute la classe politique issue de l’époque de Tandja. Le chef de la junte leur répond : « Si je reste plus d’un an au pouvoir, je me ferai assassiner. » Le numéro 1 est-il plus démocrate que ses frères d’armes ? Pas sûr. Mais cet homme ­introverti est doté d’un solide bon sens. Il est dans la position du joueur de poker qui a réussi un gros coup et veut se retirer de la partie au bon moment.

 

En octobre 2010, c’est le clash. Djibo fait arrêter Abdoulaye Badié. Six mois plus tard, son successeur, le président élu Mahamadou Issoufou, fait libérer Badié mais le surveille de près. Pour l’éloigner, il le nomme attaché militaire à Washington, aux États-Unis. Dans un premier temps, Badié refuse d’y aller. Puis, après un nouveau séjour en prison, il se soumet. Évidemment, le conflit entre Djibo et Badié rappelle le bras de fer entre Vall et Abdelaziz...

 

« Au Niger, l’armée est ­devenue un acteur de régulation politique et de démocratie », se réjouit l’ex-ambassadeur de France Michel Lunven (1). Mais attention ! Partout au Sahel, la montée du terrorisme pourrait bien changer la donne et servir de prétexte à de nouveaux putschistes sans foi ni loi. Le temps des coups d’État démocratiques est venu, mais l’expérience est fragile. Elle ne tient qu’à un fil.

 

1. Michel Lunven, Ambassadeur en Françafrique, éd. Guéna, 2011, 340 pages, 19 euros.

Retour à la liste

Les autres articles :

Corée du Nord - Lendemains de deuil à Pyongyang

  Le décès de Kim Jong-il a donné lieu à des scènes de désarroi spectaculaires, mais laisse en suspens bien des questions sur un pays toujours aussi secret et potentiellement détenteur de l’arme nucléaire. Par Juliette Morillot

Pays fermé et mystérieux, la Corée du Nord est un sujet de fantasmes. Nous avons choisi ici de lister les sept questions qui se posent le plus fréquemment au lendemain de la mort de Kim Jong-il et d’y répondre avec le maximum d’objectivité, quitte à bousculer quelques clichés.
 
Les larmes de cette foule immense, le jour des obsèques de Kim Jong-il le 28 décembre, étaient-elles sincères ?
Les larmes

Lire l'article

Testament Kaddafi

  Les derniers mots de Kaddafi Rédigé par le dictateur libyen le 17 octobre, ce testament a été transmis à trois de ses proches puis publié sur un site Internet libyen, avant d’être repris par le site Algérie-focus.com.

 
« Au nom de Dieu, Celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux. “Tout homme goûtera la mort : vous recevrez sûrement votre rétribution le Jour de la Résurrection.” (Coran, III, 185)
Ceci est mon testament, moi, Mouammar Ibn Mohamed Ibn Abdesselem Ibn Humayd Ibn Abou Minyar Ibn Humayd Ibn Nayil al-Quhsi al-Kaddafi.
Je témoigne qu’il n’est de divinité que Dieu et que Mohammed est Son messager, paix et

Lire l'article

La cigale grecque et la fourmi turque

  La mer Égée, qui sépare la Grèce et la Turquie, est vaste comme un océan, tant les économies de ces deux pays jadis ennemis évoluent en sens opposés. Avant-poste de l’Europe, la première est, à l’ouest, au bord du dépôt de bilan.

Tête de pont de l’Asie, la seconde s’affirme chaque jour, à l’est, comme un jeune « tigre » aux dents longues.
Pendant qu’Athènes vend aux Chinois ses ports et sa dette, Ankara investit en Égypte et achète force Airbus. Alors que le gouvernement Papandréou est contraint de tailler dans sa couverture sociale pour contenir les déficits, le gouvernement Erdogan prépare une assurance maladie certes modeste,

Lire l'article

Un été tunisien

Là où certains avaient prédit un mois de ramadan chaotique, notre collaborateur a trouvé un pays paisible et rencontré des gens d’une grande dignité. Par Gérard Haddad

De bons esprits avaient annoncé un mois de ramadan « chaud ». Des commandos de salafistes devaient écumer les plages estivales pour chasser les bikinis et les amateurs de canettes. Il n’en a rien été. Depuis les journées historiques de janvier, jamais mois ne fut plus calme.
Mollement allongé sur le sable doré de Kélibia, je suis des yeux un petit groupe de femmes promenant leur string sur une anatomie charnue,

Lire l'article

Le cerveau du 11 septembre

Ce sera le « procès du siècle ». L’architecte des attentats de 2001, qui sera jugé aux États-Unis en 2012, était en effet le véritable chef d’Al-Qaïda. La revue lève le mystère qui entourait Khaled Cheikh Mohamed. Par Hamid Barrada

Son nom, Khaled Cheikh Mohamed, est à peine connu dans la galaxie Al-Qaïda. Rien à voir avec la réputation universelle d’Oussama Ben Laden ou même d’Ayman al-Zawahiri. C’est pourtant lui l’architecte du « Mardi saint », les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Son procès, qui devrait se tenir l’année prochaine, sera le « procès du siècle ». La date et le lieu ne sont pas encore connus mais

Lire l'article

François et Ségolène, séparés mais… inséparables

Dans la course à l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2012, l’affrontement entre François Hollande et Ségolène Royal sera inévitablement perçu comme une réplique du déchirement de cet ancien couple. Par François Soudan

{source}<!-- You can place html anywhere within the source tags --><div id="fb-root"></div><script src="http://connect.facebook.net/en_US/all.js#appId=263530966997940&amp;xfbml=1"></script><fb:like href="http://www.larevue.info/index.php/politiques/5703-francois-et-segolene-separes-mais-inseparables" send="true" width="450" show_faces="true" font=""></fb:like><script language="javascript"

Lire l'article

Pompidou-Nixon, les Mirage de la discorde

  En 1969, de Gaulle parti, les relations franco-américaines en matière de défense prennent un tour plus serein. Restent quelques sujets sensibles, notamment les ventes d’avions de Paris à la Libye. Par Étienne Copel

Après des relations difficiles, voire conflictuelles, avec ses homologues américains, le président Charles de Gaulle se réjouit de l’arrivée de Richard Nixon à la Maison Blanche (voir le numéro 3 de La revue). Il n’a pas tort : un énorme revirement de la stratégie américaine ne tarde pas à se produire. Dès leur première rencontre, fin février 1969, le président américain tout nouvellement élu lui déclare

Lire l'article

Où va le Maroc ?

Le Palais a tiré les enseignements du printemps arabe. À la montée des revendications sociales, Mohammed VI répond par une volonté réformatrice toujours plus forte. Par Pascal Airault, envoyé spécial à Rabat

Dimanche 27 mars, 14 heures. Place Nevada à Casablanca. Quelques gosses jouent au ballon sous le regard de policiers en civil aux aguets. Un peu plus loin, d’autres agents en uniforme attendent dans leurs fourgons. Un calme -apparent que vont venir troubler de petits groupes d’individus convergeant des grandes artères de la ville. En moins de cinq minutes, quelque deux cents personnes investissent les lieux

Lire l'article

Qui était vraiment Ben Laden ?

  On croit tout savoir sur le fondateur d’Al-Qaïda. Dans un livre inédit en France, un ancien membre de la CIA s’efforce de corriger les visions déformées par l’idéologie ou la simple ignorance. Par Éric Fesneau

Trois mois avant la mort d’Oussama Ben Laden, un nouveau livre décrivait l’ennemi numéro 1 des États-Unis 1. Un de plus, écrit par un Américain. Mais son auteur n’est pas un des « experts » recrutés en hâte par un éditeur en mal de coup. Michael Scheuer a dirigé l’unité Alec de 1996 à 1999, c’est-à-dire cette section de la CIA entièrement vouée à la traque de Ben Laden. Le livre est pourtant loin

Lire l'article

DSK et le syndrome d’autopunition

  Dominique Strauss-Kahn n’a jamais été ma tasse de thé. Pour les raisons que l’on se complaît à étaler une fois l’homme à terre et dont j’avais eu écho. Pourtant, l’autre jour, en apprenant son maintien en détention, puis en regardant les impitoyables images de sa comparution devant le juge de New York, j’ai été envahi par une immense tristesse, mêlée de pitié pour cet homme au pardessus mal ajusté, marchant sans une protestation, sans agitation, comme un animal que l’on conduit à l’abattoir.

Tristesse mêlée de colère, parce que son crime supposé, mais entouré d’indices accablants, nous atteint tous. La même tristesse éprouvée il y a quelques mois devant de semblables images, celle de l’escroc Madoff, chez qui étaient déposés certes des fortunes de milliardaires,
mais aussi l’argent de caisses de retraite et d’œuvres de bienfaisance.
Qu’est-ce donc que cette nouvelle banalité du mal ?

Lire l'article

Gare au gourou

Gare au gourou  Conseiller en communication de François Mitterrand, Jacques Pilhan décide à l’été 1993 de travailler secrètement pour Jacques Chirac. Après avoir contribué à l’élection du premier, il assurera la victoire du second.   

 
Par Henri Marque 
Le 25 octobre 1993, François Mitterrand est satisfait de son Heure de vérité sur la deuxième chaîne, préparée une fois de plus par son (bon) ­génie de la communication, Jacques Pilhan. Le chef de l’État a pu dire ce qu’il pensait de la cohabitation dite « ­tranquille » ou encore « de velours » avec Édouard Balladur. Il a reconnu sans se compromettre qu’elle se déroulait «

Lire l'article

Sécurité Contre les « bombes sales » : le dirigeable

  Silencieux, capable de voler très lentement à basse altitude, le « plus léger que l’air » représente un atout d’envergure pour la sécurité civile.

 
Majestueux. Débonnaire. À la mi-mars, les Parisiens ont admiré pendant plusieurs jours le zeppelin d’Airshipvision qui sillonnait leur ciel. Ce n’était pas la première fois qu’un gros dirigeable volait au-dessus de leurs toits, mais jamais aucun n’était resté si longtemps. Manifestement, il n’était pas là pour le plaisir de quelques touristes privilégiés. Il était là parce que l’on avait besoin

Lire l'article

Allemagne - Fini le multiculturalisme

Angela Merkel a pris acte de l’échec d’un modèle basé sur la cohabitation des communautés. Ce faisant, la chancelière attise le climat de xénophobie et favorise le renouveau du concept de « nation ».  Par Juliette Morillot  

 
Mesut Özil est le héros de tout un pays. Dans une Allemagne minée par le débat sur l’intégration, le nouveau prodige de la Nationalmann-schaft (l’équipe d’Allemagne de football) est devenu l’éclatant symbole de la génération M – « M » pour Multikulti, « vivre côte à côte sans se mêler ». Quand il entre sur le terrain, il récite des versets du Coran et prie pour la santé de son équipe. Et

Lire l'article

Le pari de Salam Fayyad

Fort de ses succès économiques, le Premier ministre palestinien n'a qu'un objectif : créer un État indépendant en 2011. Mais saura-t il surmonter l'opposition du Hamas et celle des apparatchiks du Fatah ?

«La seule chose à laquelle je suis candidat, c'est à la création d'un État. » Chaque fois qu'il est interrogé sur son avenir, ces mots reviennent dans sa bouche. À 58 ans, Salam Fayyad ne peut être comparé à aucun homme politique. Là où d'autres céderaient à la démagogie, lui privilégie l'action et place sa propre ambition au service de l'intérêt collectif. « La déclaration d'indépendance n'est pas ma

Lire l'article

Al-Qaïda, c'est fini

Parce que les musulmans n'ont jamais adhéré aux pratiques barbares de l'organisation de Ben Laden et de Zawahiri, la stratégie du djihad planétaire a échoué. Tel est le diagnostic du politologue et historien Jean-Pierre Filiu, l'un des grands spécialistes français de l'islamisme.

Des attentats kamikazes quotidiens en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, des complots déjoués au c?ur de l'Amérique, Oussama Ben Laden introuvable... Neuf ans après les opérations du 11-Septembre, qui ont inauguré le terrorisme sans frontières, Al-Qaïda n'a apparemment rien perdu de sa force de frappe. Pourtant, tel n'est pas le jugement de Jean-Pierre Filiu. L'organisation a éclaté en plusieurs groupes autonomes

Lire l'article

ANGELA MERKEL Tellement Allemande

La chancelière est au plus bas dans les sondages. Mais ses adversaires de droite comme de gauche devraient se méfier de cette femme du juste milieu qui, en bonne scientifique, n'exclut aucune hypothèse.

C'est à ne rien comprendre au désamour actuel des Allemands vis-à-vis d'Angela Merkel, leur chancelière ! Elle qu'ils avaient reconduite dans un fauteuil, il y a un an, à la tête du gouvernement pour un second mandat voit son action gouvernementale créditée de moins de 10 % d'opinions favorables. Si l'Allemagne revotait aujourd'hui, elle manifesterait sa mauvaise humeur en donnant une nette majorité à la gauche

Lire l'article

Le pari de Salam Fayyad

Fort de ses succès économiques, le Premier ministre palestinien n'a qu'un objectif : créer un État indépendant en 2011. Mais saura-t il surmonter l'opposition du Hamas et celle des apparatchiks du Fatah ?

«La seule chose à laquelle je suis candidat, c'est à la création d'un État. » Chaque fois qu'il est interrogé sur son avenir, ces mots reviennent dans sa bouche. À 58 ans, Salam Fayyad ne peut être comparé à aucun homme politique. Là où d'autres céderaient à la démagogie, lui privilégie l'action et place sa propre ambition au service de l'intérêt collectif. « La déclaration d'indépendance n'est pas ma

Lire l'article

Combien de pays dans le monde ?

L'ONU compte 192 membres, parmi lesquels Monaco, Saint-Marin et plusieurs îles minuscules. Taïwan et le Somaliland, en revanche, n'en font pas partie. Difficile de s'y retrouver.

Le 9 janvier 2011, la communauté internationale pourrait bien s'enrichir d'un nouvel État. Ce jour-là, en effet, les habitants du Sud-Soudan décideront par référendum s'ils souhaitent ou non l'indépendance de leur région. En cas de réponse positive, la nouvelle entité, vaste d'environ 600 000 km2 et peuplée de quelque 10 millions d'habitants, devrait rapidement devenir le 193e membre des Nations unies.
Est-ce à

Lire l'article

Haut de page