Retour à la liste

Où va le Maroc ?

Le Palais a tiré les enseignements du printemps arabe. À la montée des revendications sociales, Mohammed VI répond par une volonté réformatrice toujours plus forte.


Par Pascal Airault, envoyé spécial à Rabat

Dimanche 27 mars, 14 heures. Place Nevada à Casablanca. Quelques gosses jouent au ballon sous le regard de policiers en civil aux aguets. Un peu plus loin, dautres agents en uniforme attendent dans leurs fourgons. Un calme -apparent que vont venir troubler de petits groupes dindividus convergeant des grandes artères de la ville. En moins de cinq minutes, quelque deux cents personnes investissent les lieux et commencent à scander : « Le -peuple veut faire tomber le despotisme ! », « Le peuple veut faire -tomber la dépravation et la corruption ! » Et de demander, dans la foulée, la dissolution du gouvernement et du Parlement. Parmi eux, des blogueurs, des militants de lAssociation marocaine des droits de lhomme, dex-gauchistes, des artistes et des membres dAl Adl wal Ihsane (en arabe, Justice et Spiritualité). Cest la première fois que le mouvement islamiste, qui rêve de substituer le califat à la -monarchie chérifienne, se mêle de manière continue à dautres groupes de pression pour -mener des activités à caractère politique.

Ce rassemblement hétérogène a pris le nom de Mouvement du 20 février. « La révolution tunisienne nous a mis un coup de poing dans la figure, -explique Karim Tazi, patron du groupe Richbond et lune des figures du mouvement. Le 14 janvier, un ami a appelé pour me dire : Ben Ali sest enfui. Et nous, quest-ce quon fait pour faire évoluer le Maroc ? Nous nous sommes mis à cyberactiver. Et, très vite, on a mis sur pied la manifestation du 20 février. »

Le mouvement dénonce le glissement des valeurs de modernité, de transparence et dintégrité du début de règne de Mohammed VI vers laffairisme, le clientélisme, larbitraire et labsolutisme. Le roi nest pas visé personnellement mais plutôt son entourage, particulièrement son secrétaire particulier, Mounir Majidi, et son ami denfance, Fouad Ali El Himma, fondateur du Parti authenticité et modernité (PAM). On les considère, à tort ou à raison, comme les symboles de ces dérives.

 

Mohammed VI na pas tardé à tirer les enseignements du printemps arabe. Il a fait libérer une poignée de prisonniers islamistes pour sattirer les bonnes grâces du Parti de la justice et du développement (PJD, -islamiste), puis a décidé de mettre de lordre dans le holding royal en accélérant le retrait de Lesieur Cristal (huile alimentaire), de Cosumar (sucre) et des supermarchés Marjane. Mais, surtout, le souverain, -entouré de son frère, Moulay Rachid, et de son fils, Hassan, sur fond de drapeau national, sest adressé à la nation le 9 mars dans un discours qualifié d’ « historique ». Attendu sur la mise en œuvre du projet de régionalisation, il propose une véritable réforme constitutionnelle visant à rééquilibrer le pouvoir au sein de lexécutif (voir lencadré), d’élargir les libertés publiques, de renforcer lindépendance de la justice, de reconnaître la dimension amazighe du peuple marocain Il nomme, dans la foulée, une commission consultative composée d’éminents politologues, juristes et responsables associatifs, et chargée de lui faire des propositions.

Pendant le mois davril, les partis, les syndicats et les organisations de la société civile vont être auditionnés par les responsables de cette commission pour présenter leurs requêtes. Au sein de lestablishment politique, beaucoup se mettent à rêver dune transition en douceur dune monarchie exécutive vers une véritable monarchie parlementaire où le gouvernement et le Parlement conduiraient réellement la politique du royaume et seraient responsables devant le peuple.

Parallèlement, le palais va accélérer le lancement du Conseil économique et social (CES) et du Conseil national des droits de l'homme (CNDH), qui a le pouvoir dester en justice et daller dans tous les lieux de détention. Il va -aussi donner des gages de lutte contre les crimes économiques en prônant le suivi des rapports de la Cour des comptes épinglant la mauvaise gestion des dirigeants, et en élargissant les moyens dévolus à l'Instance centrale pour la prévention contre la corruption.

 

Autant de chantiers qui ne suffiront pourtant pas à faire retomber la contestation sociale. Pas une journée actuellement dans le royaume sans nouvelle manifestation. Les enseignants multiplient les sit-in et les mots dordre de grève, les enfants de mineurs -réclament du travail à Khouribga, les -diplômés chômeurs ne ratent pas une occasion de venir réclamer des embauches dans ladministration Le gouvernement a finalement promis de recruter 4 000 dentre eux, attisant dautant plus leurs revendications. Comme si les embauches dans la fonction publique allaient naturellement de pair avec -lobtention de leur diplôme.

En fait, beaucoup estiment que la période actuelle est propice aux revendications et que le pouvoir a du mal à recourir à la répression. La police semble avoir des consignes pour -éviter tout dérapage. Le Mouvement du 20 février la bien compris. Le 15 mai, une partie de ses membres a tenté dorganiser un pique-nique devant le siège de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), accusé dabriter un centre de détention secret. Mais, cette fois, les autorités ont réagi fermement en dispersant les manifestants. « Ce nest plus au roi quil faut arracher la démocratie, estime Karim Tazi, mais à une nomenklatura aussi influente dans les rouages de l’État que dans les milieux daffaires et au sein des partis politiques. »

Pour les observateurs de la scène politique, deux forces parallèles sont engagées dans une course effrénée contre la montre. Aux aspirations toujours plus grandes de la rue, le Palais répond par une volonté -réformatrice toujours plus forte. Même le dernier attentat terroriste du 28 avril au café Argana, à Marrakech, nest pas venu enrayer la dynamique. Les autorités ont communiqué en temps réel les résultats de lenquête, mis en place des cellules de crise pour rassurer les touristes et surtout réussi à arrêter les auteurs très rapidement. Plus de deux mois après le discours royal, la commission consultative sur la réforme a reçu tous les partis, la société civile et les syndicats. Le travail des membres se poursuit.

 

La nouvelle architecture constitutionnelle se dessine : le rôle de commandeur des croyants du roi ne devrait pas être touché même si la sacralité du souverain fait lobjet de discussions. Lislam devrait également rester la religion d’État, ce qui nempêche pas le maintien dun certain esprit laïque. En revanche, on se dirige vers la mise en -place dun gouvernement de plein exercice, issu des élections, -responsable de ladministration. Le rôle du Parlement devrait également être considérablement renforcé. Et lon va vers une plus grande reconnaissance de la langue amazighe.

La commission remettra son rapport au roi au début de juin. Celui-ci devrait appeler le peuple à se prononcer sur la nouvelle constitution lors dun référendum programmé au plus tard au mois de septembre. La tenue des élections législatives, prévues pour septembre 2012, pourrait être avancée à la fin de 2011 ou au début de lannée prochaine. Cest du moins le désir du parti arrivé en tête aux législatives de 2007, lIstiqlal, qui ne souhaite pas perdre la dynamique politique. Le ministre de l'Intérieur, Moulay Taïeb -Cherkaoui, a reçu récemment les responsables des formations qui lui ont soumis leurs propositions concernant les amendements à apporter à la loi sur les -partis et le code électoral. Sont en discussion les questions de transparence lors des élections, les mesures à prendre pour réduire la balkanisation de la vie politique, le mode de scrutin, la révision du code électoral, la criminalisation des infractions commises lors des opérations de vote et la lutte contre l'utilisation de l'argent pour l'achat des consciences.

 

Ces élections législatives pourraient marquer la fin de laventure politique de Fouad Ali El Himma, fondateur du PAM en 2008. Lancien ministre délégué à lIntérieur, et ami du roi, est devenu la cible des manifestants et des cadres des principales formations. Accusé davoir troublé le jeu partisan, il na plus pris la parole en public depuis le début des manifestations. Il est même question quil se retire du champ politique. Ce qui pose clairement la question de lavenir dune formation aux structures fragiles.

Dans sa volonté réformatrice, le Palais a reçu le soutien des puissances occidentales qui aimeraient voir simposer un modèle de transition pacifique dans les pays arabes. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), rassemblant les principales monarchies arabes, a invité à la mi-mai le royaume à rejoindre son organisation. Une sainte alliance destinée à se protéger mutuellement des turbulences qui secouent le monde arabe.

Retour à la liste

Les autres articles :

Corée du Nord - Lendemains de deuil à Pyongyang

  Le décès de Kim Jong-il a donné lieu à des scènes de désarroi spectaculaires, mais laisse en suspens bien des questions sur un pays toujours aussi secret et potentiellement détenteur de l’arme nucléaire. Par Juliette Morillot

Pays fermé et mystérieux, la Corée du Nord est un sujet de fantasmes. Nous avons choisi ici de lister les sept questions qui se posent le plus fréquemment au lendemain de la mort de Kim Jong-il et d’y répondre avec le maximum d’objectivité, quitte à bousculer quelques clichés.
 
Les larmes de cette foule immense, le jour des obsèques de Kim Jong-il le 28 décembre, étaient-elles sincères ?
Les larmes

Lire l'article

Afrique - Le temps des putschs démocratiques

  Un militaire renverse un dictateur avant de restituer le pouvoir aux civils : c’est une nouvelle tendance sur le continent africain. Mais pourquoi renoncer à un fauteuil pour lequel on a risqué sa peau ? Par Christophe Boisbouvier

Peut-on être putschiste et démocrate ? Depuis que César a franchi le Rubicon, la question semble incongrue mais l’Afrique contemporaine est peut-être en train d’inventer quelque chose de nouveau. En 1979, le Nigérian Olusegun Obasanjo inaugure la liste des putschistes qui renoncent au pouvoir au bout de quelques années. Coauteur d’un coup d’État commis quatre ans plus tôt, il rend le pouvoir aux civils.

Lire l'article

Testament Kaddafi

  Les derniers mots de Kaddafi Rédigé par le dictateur libyen le 17 octobre, ce testament a été transmis à trois de ses proches puis publié sur un site Internet libyen, avant d’être repris par le site Algérie-focus.com.

 
« Au nom de Dieu, Celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux. “Tout homme goûtera la mort : vous recevrez sûrement votre rétribution le Jour de la Résurrection.” (Coran, III, 185)
Ceci est mon testament, moi, Mouammar Ibn Mohamed Ibn Abdesselem Ibn Humayd Ibn Abou Minyar Ibn Humayd Ibn Nayil al-Quhsi al-Kaddafi.
Je témoigne qu’il n’est de divinité que Dieu et que Mohammed est Son messager, paix et

Lire l'article

La cigale grecque et la fourmi turque

  La mer Égée, qui sépare la Grèce et la Turquie, est vaste comme un océan, tant les économies de ces deux pays jadis ennemis évoluent en sens opposés. Avant-poste de l’Europe, la première est, à l’ouest, au bord du dépôt de bilan.

Tête de pont de l’Asie, la seconde s’affirme chaque jour, à l’est, comme un jeune « tigre » aux dents longues.
Pendant qu’Athènes vend aux Chinois ses ports et sa dette, Ankara investit en Égypte et achète force Airbus. Alors que le gouvernement Papandréou est contraint de tailler dans sa couverture sociale pour contenir les déficits, le gouvernement Erdogan prépare une assurance maladie certes modeste,

Lire l'article

Un été tunisien

Là où certains avaient prédit un mois de ramadan chaotique, notre collaborateur a trouvé un pays paisible et rencontré des gens d’une grande dignité. Par Gérard Haddad

De bons esprits avaient annoncé un mois de ramadan « chaud ». Des commandos de salafistes devaient écumer les plages estivales pour chasser les bikinis et les amateurs de canettes. Il n’en a rien été. Depuis les journées historiques de janvier, jamais mois ne fut plus calme.
Mollement allongé sur le sable doré de Kélibia, je suis des yeux un petit groupe de femmes promenant leur string sur une anatomie charnue,

Lire l'article

Le cerveau du 11 septembre

Ce sera le « procès du siècle ». L’architecte des attentats de 2001, qui sera jugé aux États-Unis en 2012, était en effet le véritable chef d’Al-Qaïda. La revue lève le mystère qui entourait Khaled Cheikh Mohamed. Par Hamid Barrada

Son nom, Khaled Cheikh Mohamed, est à peine connu dans la galaxie Al-Qaïda. Rien à voir avec la réputation universelle d’Oussama Ben Laden ou même d’Ayman al-Zawahiri. C’est pourtant lui l’architecte du « Mardi saint », les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Son procès, qui devrait se tenir l’année prochaine, sera le « procès du siècle ». La date et le lieu ne sont pas encore connus mais

Lire l'article

François et Ségolène, séparés mais… inséparables

Dans la course à l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2012, l’affrontement entre François Hollande et Ségolène Royal sera inévitablement perçu comme une réplique du déchirement de cet ancien couple. Par François Soudan

{source}<!-- You can place html anywhere within the source tags --><div id="fb-root"></div><script src="http://connect.facebook.net/en_US/all.js#appId=263530966997940&amp;xfbml=1"></script><fb:like href="http://www.larevue.info/index.php/politiques/5703-francois-et-segolene-separes-mais-inseparables" send="true" width="450" show_faces="true" font=""></fb:like><script language="javascript"

Lire l'article

Pompidou-Nixon, les Mirage de la discorde

  En 1969, de Gaulle parti, les relations franco-américaines en matière de défense prennent un tour plus serein. Restent quelques sujets sensibles, notamment les ventes d’avions de Paris à la Libye. Par Étienne Copel

Après des relations difficiles, voire conflictuelles, avec ses homologues américains, le président Charles de Gaulle se réjouit de l’arrivée de Richard Nixon à la Maison Blanche (voir le numéro 3 de La revue). Il n’a pas tort : un énorme revirement de la stratégie américaine ne tarde pas à se produire. Dès leur première rencontre, fin février 1969, le président américain tout nouvellement élu lui déclare

Lire l'article

Qui était vraiment Ben Laden ?

  On croit tout savoir sur le fondateur d’Al-Qaïda. Dans un livre inédit en France, un ancien membre de la CIA s’efforce de corriger les visions déformées par l’idéologie ou la simple ignorance. Par Éric Fesneau

Trois mois avant la mort d’Oussama Ben Laden, un nouveau livre décrivait l’ennemi numéro 1 des États-Unis 1. Un de plus, écrit par un Américain. Mais son auteur n’est pas un des « experts » recrutés en hâte par un éditeur en mal de coup. Michael Scheuer a dirigé l’unité Alec de 1996 à 1999, c’est-à-dire cette section de la CIA entièrement vouée à la traque de Ben Laden. Le livre est pourtant loin

Lire l'article

DSK et le syndrome d’autopunition

  Dominique Strauss-Kahn n’a jamais été ma tasse de thé. Pour les raisons que l’on se complaît à étaler une fois l’homme à terre et dont j’avais eu écho. Pourtant, l’autre jour, en apprenant son maintien en détention, puis en regardant les impitoyables images de sa comparution devant le juge de New York, j’ai été envahi par une immense tristesse, mêlée de pitié pour cet homme au pardessus mal ajusté, marchant sans une protestation, sans agitation, comme un animal que l’on conduit à l’abattoir.

Tristesse mêlée de colère, parce que son crime supposé, mais entouré d’indices accablants, nous atteint tous. La même tristesse éprouvée il y a quelques mois devant de semblables images, celle de l’escroc Madoff, chez qui étaient déposés certes des fortunes de milliardaires,
mais aussi l’argent de caisses de retraite et d’œuvres de bienfaisance.
Qu’est-ce donc que cette nouvelle banalité du mal ?

Lire l'article

Gare au gourou

Gare au gourou  Conseiller en communication de François Mitterrand, Jacques Pilhan décide à l’été 1993 de travailler secrètement pour Jacques Chirac. Après avoir contribué à l’élection du premier, il assurera la victoire du second.   

 
Par Henri Marque 
Le 25 octobre 1993, François Mitterrand est satisfait de son Heure de vérité sur la deuxième chaîne, préparée une fois de plus par son (bon) ­génie de la communication, Jacques Pilhan. Le chef de l’État a pu dire ce qu’il pensait de la cohabitation dite « ­tranquille » ou encore « de velours » avec Édouard Balladur. Il a reconnu sans se compromettre qu’elle se déroulait «

Lire l'article

Sécurité Contre les « bombes sales » : le dirigeable

  Silencieux, capable de voler très lentement à basse altitude, le « plus léger que l’air » représente un atout d’envergure pour la sécurité civile.

 
Majestueux. Débonnaire. À la mi-mars, les Parisiens ont admiré pendant plusieurs jours le zeppelin d’Airshipvision qui sillonnait leur ciel. Ce n’était pas la première fois qu’un gros dirigeable volait au-dessus de leurs toits, mais jamais aucun n’était resté si longtemps. Manifestement, il n’était pas là pour le plaisir de quelques touristes privilégiés. Il était là parce que l’on avait besoin

Lire l'article

Allemagne - Fini le multiculturalisme

Angela Merkel a pris acte de l’échec d’un modèle basé sur la cohabitation des communautés. Ce faisant, la chancelière attise le climat de xénophobie et favorise le renouveau du concept de « nation ».  Par Juliette Morillot  

 
Mesut Özil est le héros de tout un pays. Dans une Allemagne minée par le débat sur l’intégration, le nouveau prodige de la Nationalmann-schaft (l’équipe d’Allemagne de football) est devenu l’éclatant symbole de la génération M – « M » pour Multikulti, « vivre côte à côte sans se mêler ». Quand il entre sur le terrain, il récite des versets du Coran et prie pour la santé de son équipe. Et

Lire l'article

Le pari de Salam Fayyad

Fort de ses succès économiques, le Premier ministre palestinien n'a qu'un objectif : créer un État indépendant en 2011. Mais saura-t il surmonter l'opposition du Hamas et celle des apparatchiks du Fatah ?

«La seule chose à laquelle je suis candidat, c'est à la création d'un État. » Chaque fois qu'il est interrogé sur son avenir, ces mots reviennent dans sa bouche. À 58 ans, Salam Fayyad ne peut être comparé à aucun homme politique. Là où d'autres céderaient à la démagogie, lui privilégie l'action et place sa propre ambition au service de l'intérêt collectif. « La déclaration d'indépendance n'est pas ma

Lire l'article

Al-Qaïda, c'est fini

Parce que les musulmans n'ont jamais adhéré aux pratiques barbares de l'organisation de Ben Laden et de Zawahiri, la stratégie du djihad planétaire a échoué. Tel est le diagnostic du politologue et historien Jean-Pierre Filiu, l'un des grands spécialistes français de l'islamisme.

Des attentats kamikazes quotidiens en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, des complots déjoués au c?ur de l'Amérique, Oussama Ben Laden introuvable... Neuf ans après les opérations du 11-Septembre, qui ont inauguré le terrorisme sans frontières, Al-Qaïda n'a apparemment rien perdu de sa force de frappe. Pourtant, tel n'est pas le jugement de Jean-Pierre Filiu. L'organisation a éclaté en plusieurs groupes autonomes

Lire l'article

ANGELA MERKEL Tellement Allemande

La chancelière est au plus bas dans les sondages. Mais ses adversaires de droite comme de gauche devraient se méfier de cette femme du juste milieu qui, en bonne scientifique, n'exclut aucune hypothèse.

C'est à ne rien comprendre au désamour actuel des Allemands vis-à-vis d'Angela Merkel, leur chancelière ! Elle qu'ils avaient reconduite dans un fauteuil, il y a un an, à la tête du gouvernement pour un second mandat voit son action gouvernementale créditée de moins de 10 % d'opinions favorables. Si l'Allemagne revotait aujourd'hui, elle manifesterait sa mauvaise humeur en donnant une nette majorité à la gauche

Lire l'article

Le pari de Salam Fayyad

Fort de ses succès économiques, le Premier ministre palestinien n'a qu'un objectif : créer un État indépendant en 2011. Mais saura-t il surmonter l'opposition du Hamas et celle des apparatchiks du Fatah ?

«La seule chose à laquelle je suis candidat, c'est à la création d'un État. » Chaque fois qu'il est interrogé sur son avenir, ces mots reviennent dans sa bouche. À 58 ans, Salam Fayyad ne peut être comparé à aucun homme politique. Là où d'autres céderaient à la démagogie, lui privilégie l'action et place sa propre ambition au service de l'intérêt collectif. « La déclaration d'indépendance n'est pas ma

Lire l'article

Combien de pays dans le monde ?

L'ONU compte 192 membres, parmi lesquels Monaco, Saint-Marin et plusieurs îles minuscules. Taïwan et le Somaliland, en revanche, n'en font pas partie. Difficile de s'y retrouver.

Le 9 janvier 2011, la communauté internationale pourrait bien s'enrichir d'un nouvel État. Ce jour-là, en effet, les habitants du Sud-Soudan décideront par référendum s'ils souhaitent ou non l'indépendance de leur région. En cas de réponse positive, la nouvelle entité, vaste d'environ 600 000 km2 et peuplée de quelque 10 millions d'habitants, devrait rapidement devenir le 193e membre des Nations unies.
Est-ce à

Lire l'article

Haut de page