Qui était vraiment Ben Laden ?
On croit tout savoir sur le fondateur d’Al-Qaïda. Dans un livre inédit en France, un ancien membre de la CIA s’efforce de corriger les visions déformées par l’idéologie ou la simple ignorance.
Par Éric Fesneau
Trois mois avant la mort d’Oussama Ben Laden, un nouveau livre décrivait l’ennemi numéro 1 des États-Unis 1. Un de plus, écrit par un Américain. Mais son auteur n’est pas un des « experts » recrutés en hâte par un éditeur en mal de coup. Michael Scheuer a dirigé l’unité Alec de 1996 à 1999, c’est-à-dire cette section de la CIA entièrement vouée à la traque de Ben Laden. Le livre est pourtant loin d’être un grossier portrait à charge. Au contraire, il peut -surprendre par des -accents parfois authentiquement admiratifs pour l’homme qu’était son adversaire : Scheuer est persuadé que méconnaître ou sous-estimer l’ennemi est une des fautes qu’auront commises les États-Unis dans cette affaire. Son livre s’efforce donc de corriger quelques -inexactitudes souvent répétées, et de contester les visions trop déformées par l’idéologie ou la simple ignorance. Enquêteur -obsessionnel, il a réuni une documentation impressionnante, comparé les sources, recensé les déclarations -avérées… Ce corpus lui permet de -démonter idées reçues ou récits -fabriqués.
Les grands traits de la vie -d’Oussama Ben Laden sont aujourd’hui assez connus. Mais sa richesse donne -encore lieu à des appréciations ou des -raccourcis (« le milliardaire terroriste ») qui, sous l’apparence d’une évidence, en cachent plus qu’elles n’en disent. Comme ses 52 frères et sœurs, Oussama a hérité de son père, qui était le -premier entrepreneur en travaux publics d’Arabie saoudite. Mais il n’a pas hérité que de l’argent. Son père était riche, certes, mais aussi travailleur, entreprenant, pieux et ouvert au -monde musulman par-delà les frontières nationales. Des -qualités dont son fils saura faire -preuve. Car s’il se distingue très tôt, et définitivement, par son zèle -religieux, sans toutefois en devenir asocial ou agressivement prosélyte, c’est que son penchant est renforcé par la fréquentation des oulémas venus d’un peu partout que son père recevait, ou de ceux qui, exilés, enseignaient à l’université saoudienne.

En un mot, Ben Laden a toujours accordé à la communauté des croyants un rôle politique. Les nations musulmanes devaient être solidaires, et les préjugés abandonnés. La dimension des chantiers de l’entreprise -familiale, auxquels le jeune Oussama participait volontiers, favorisait également l’idée que des hommes d’origines -différentes pouvaient être réunis dans un même projet. Cet environnement était -international, mais abolissait aussi les frontières de classe.
Les témoignages s’accordent sur la simplicité des relations de Ben Laden avec tous, du prince au plus modeste. En dehors des missions à l’écart du -terrain (organisation du recrutement international et recherche de financement depuis des bases arrières pakistanaises), des travaux de terrassement formeront d’ailleurs les premières contributions de Ben Laden à la guerre afghane. Quant à l’argent, il faut relativiser. Les estimations -varient, mais la part de la fortune paternelle qu’a reçue Oussama est de l’ordre de 20 à 30 millions de dollars (14 à 21 millions d’euros), et non de centaines de millions. Entre 1992 et 1994, lors de son séjour au Soudan, il a -monté de nombreuses affaires (construction et agriculture) pour l’accroître. Mais il n’agissait qu’en vue d’alimenter un fonds pour son internationale djihadiste. Cultivant une vie simple, voire austère, il ne dépensait son argent que pour les causes qu’il estimait valables. Des causes malheureusement sanglantes.
La façon dont il en est arrivé à -déclarer la guerre aux États-Unis a aussi fait l’objet d’arrangements intéressés dans beaucoup de comptes -rendus. Scheuer montre en particulier comment toute une littérature -encouragée par le régime de Riyad tente de présenter Ben -Laden comme un brave Saoudien, peut-être un peu exalté, perverti par de -méchants fanatiques étrangers, en particulier l’Égyptien Ayman al-Zawahiri.
Cette thèse laisse évidemment -entendre que l’idée de critiquer le -régime ne peut venir que de l’extérieur : Ben Laden a été interdit de -séjour dans son pays à partir de 1994, après avoir multiplié les critiques de plus en plus dures contre les princes. Elle suggère aussi que les graines du djihadisme sont exogènes, alors que cette conception – qui fait de la -défense armée de l’islam partout où il est menacé un commandement religieux impératif pour tout musulman – était bien reçue, tant qu’elle visait à chasser l’envahisseur soviétique d’Afghanistan. Car si Ben Laden s’en prendra ensuite aux États-Unis, c’est parce qu’il les considère comme -responsables de multiples atteintes à la Oumma : par leur soutien à Israël qui opprime les Palestiniens, par leur mainmise sur les cours du pétrole, par la corruption des gouvernements qu’ils se sont alliés… Et depuis la guerre du Golfe, il en est un, celui de l’Arabie saoudite, qui a permis que les -infidèles foulent le sol sacré des abords de La Mecque. Sacrilège pour un musulman et en particulier pour un homme possédé par une représentation très physique de la geste de Mohammed.
Car Scheuer livre une clé de compréhension du créateur d’Al-Qaïda particulièrement fructueuse en -montrant à quel point les modèles sur lesquels il tente de calquer son comportement, ses références premières et ultimes ne sont pas à chercher -parmi ses contemporains. En dehors du Prophète, dont l’épopée présentait à la fois l’exigence du prosélytisme et la nécessité de la défense militaire (y compris par l’offensive), Ben Laden mentionnait fréquemment Saladin, notamment lorsqu’il incitait de jeunes gens à embrasser le djihad. Le statut de ce héros est unique dans le monde musulman – en Occident aussi, d’ailleurs, puisqu’il était au Moyen Âge un des parangons de la chevalerie ; il est par exemple le seul musulman que Dante fait figurer dans les limbes de La Divine Comédie, aux -côtés des héros de l’antiquité. Son grand fait d’armes, la reconquête de Jérusalem face aux Francs en 1187, résonne avec force dans l’espace musulman actuel, en manque de héros. Sa tombe porte une inscription que les candidats au « martyre » pourraient s’approprier : « Seigneur, accorde-lui sa dernière conquête, le paradis. »
La légende est une propagande qui a fait ses preuves. Placée en arrière-plan, elle encourage une interprétation miraculeuse, ou au moins favorisée par Allah, aux divers moments où la mort a frôlé Ben Laden : la bataille afghane de Jaji contre des forces soviétiques très nettement supérieures en avril 1987, le déluge de bombes qui s’est abattu sur les grottes de Tora Bora en décembre 2001, et bien -entendu la longue traque qui a pris fin le 1er mai. Dès lors, on saisit mieux ce goût pour les poèmes, les chevaux, la vie rude au plus près de la nature, et jusqu’à la kalachnikov portée comme le général arbore son épée – arme et symbole.
Ce mélange de simplicité -pastorale et de rigueur martiale ne doit pas être interprété comme l’expression d’une idéologie rétrograde fondée sur un -impossible retour aux siècles passés. C’est pour frapper aujourd’hui qu’il faut retrouver la résistance et la -sobriété du guerrier d’antan.
Cette pose héroïque – qui ne remet pas en cause son courage physique, reconnu par ceux qui l’ont côtoyé sous le feu et qui ne l’apprécient pas -nécessairement par ailleurs – a -soulevé bien des critiques, y compris dans son -propre camp. Son habileté avec les médias est suspectée de -devoir plus au souci d’une gloire -privée qu’aux -besoins d’une cause -collective. La preuve la plus -manifeste de cette -infatuation a été largement répandue dans les médias occidentaux : Ben -Laden se serait -ridiculement attribué la victoire contre l’Union -soviétique en Afghanistan, alors que les Arabes, comme on désignait les -moudjahidines étrangers, ont eu un rôle parfaitement marginal.
Cet orgueil démesuré expliquerait l’ampleur et la forme de la folie qui a suivi. Mais, en plus de vingt ans, Ben Laden a toujours attribué la victoire à Allah, puis aux Afghans. Ce qui est vrai, c’est que le conflit est fondateur pour lui, comme pour tous les autres musulmans (selon lui), parce qu’il a prouvé que des musulmans démunis pouvaient mettre en échec une superpuissance. Parce qu’il a redonné sa -vigueur guerrière au djihad. Parce qu’il a permis de créer une base (c’est le sens du mot Al-Qaïda) à ses futures campagnes.
Ben Laden a fait preuve d’un sens de la communication remarquable dans la façon dont il a présenté sa stratégie de « l’ennemi lointain ». -Attaquer les États-Unis pour leur mode de vie n’aurait pas mobilisé les foules. Comme l’écrit Scheuer, peu de musulmans « étaient ou sont prêts à mourir pour une guerre sainte contre les élections du Congrès, l’égalité des sexes, les films réservés à des publics avertis ou la Budweiser ». Aussi la stratégie développée par Ben Laden -porte-t-elle uniquement sur les conséquences de la politique américaine dans le monde musulman.
Bref, il est assez largement -parvenu à faire croire dans l’opinion -musulmane qu’à défaut d’être juste dans sa mise en œuvre, sa vision du djihad était -légitime dans la mesure où il ne s’agissait que d’une défense. Le plan consistait à frapper l’ennemi pour l’obliger à envahir un pays musulman – et les États-Unis ont opportunément lancé leurs guerres d’Irak et d’Afghanistan. Ils ont dépensé des centaines de millions de dollars pour mettre la main sur un homme presque seul. L’icône était depuis des années emmurée dans la banalité paranoïaque d’une -résidence fermée, dans le faubourg mort d’une ville de garnison.
Mohammed a fondé une religion. Saladin a reconquis Jérusalem mais a permis l’accès des chrétiens à leurs lieux saints, et réunifié le Proche-Orient. Les cadavres dont s’est enorgueilli Oussama Ben Laden n’auront produit que la désolation, et la cendre, couvé une immense haine. Son image n’est celle d’aucun avenir.
1. Osama Bin Laden, de Michael Scheuer, Oxford University Press (USA), 304 pages.
Les autres articles :
Corée du Nord - Lendemains de deuil à Pyongyang
Le décès de Kim Jong-il a donné lieu à des scènes de désarroi spectaculaires, mais laisse en suspens bien des questions sur un pays toujours aussi secret et potentiellement détenteur de l’arme nucléaire. Par Juliette Morillot
Pays fermé et mystérieux, la Corée du Nord est un sujet de fantasmes. Nous avons choisi ici de lister les sept questions qui se posent le plus fréquemment au lendemain de la mort de Kim Jong-il et d’y répondre avec le maximum d’objectivité, quitte à bousculer quelques clichés.
Les larmes de cette foule immense, le jour des obsèques de Kim Jong-il le 28 décembre, étaient-elles sincères ?
Les larmes
Afrique - Le temps des putschs démocratiques
Un militaire renverse un dictateur avant de restituer le pouvoir aux civils : c’est une nouvelle tendance sur le continent africain. Mais pourquoi renoncer à un fauteuil pour lequel on a risqué sa peau ? Par Christophe Boisbouvier
Peut-on être putschiste et démocrate ? Depuis que César a franchi le Rubicon, la question semble incongrue mais l’Afrique contemporaine est peut-être en train d’inventer quelque chose de nouveau. En 1979, le Nigérian Olusegun Obasanjo inaugure la liste des putschistes qui renoncent au pouvoir au bout de quelques années. Coauteur d’un coup d’État commis quatre ans plus tôt, il rend le pouvoir aux civils.
Testament Kaddafi
Les derniers mots de Kaddafi Rédigé par le dictateur libyen le 17 octobre, ce testament a été transmis à trois de ses proches puis publié sur un site Internet libyen, avant d’être repris par le site Algérie-focus.com.
« Au nom de Dieu, Celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux. “Tout homme goûtera la mort : vous recevrez sûrement votre rétribution le Jour de la Résurrection.” (Coran, III, 185)
Ceci est mon testament, moi, Mouammar Ibn Mohamed Ibn Abdesselem Ibn Humayd Ibn Abou Minyar Ibn Humayd Ibn Nayil al-Quhsi al-Kaddafi.
Je témoigne qu’il n’est de divinité que Dieu et que Mohammed est Son messager, paix et
La cigale grecque et la fourmi turque
La mer Égée, qui sépare la Grèce et la Turquie, est vaste comme un océan, tant les économies de ces deux pays jadis ennemis évoluent en sens opposés. Avant-poste de l’Europe, la première est, à l’ouest, au bord du dépôt de bilan.
Tête de pont de l’Asie, la seconde s’affirme chaque jour, à l’est, comme un jeune « tigre » aux dents longues.
Pendant qu’Athènes vend aux Chinois ses ports et sa dette, Ankara investit en Égypte et achète force Airbus. Alors que le gouvernement Papandréou est contraint de tailler dans sa couverture sociale pour contenir les déficits, le gouvernement Erdogan prépare une assurance maladie certes modeste,
Un été tunisien
Là où certains avaient prédit un mois de ramadan chaotique, notre collaborateur a trouvé un pays paisible et rencontré des gens d’une grande dignité. Par Gérard Haddad
De bons esprits avaient annoncé un mois de ramadan « chaud ». Des commandos de salafistes devaient écumer les plages estivales pour chasser les bikinis et les amateurs de canettes. Il n’en a rien été. Depuis les journées historiques de janvier, jamais mois ne fut plus calme.
Mollement allongé sur le sable doré de Kélibia, je suis des yeux un petit groupe de femmes promenant leur string sur une anatomie charnue,
Le cerveau du 11 septembre
Ce sera le « procès du siècle ». L’architecte des attentats de 2001, qui sera jugé aux États-Unis en 2012, était en effet le véritable chef d’Al-Qaïda. La revue lève le mystère qui entourait Khaled Cheikh Mohamed. Par Hamid Barrada
Son nom, Khaled Cheikh Mohamed, est à peine connu dans la galaxie Al-Qaïda. Rien à voir avec la réputation universelle d’Oussama Ben Laden ou même d’Ayman al-Zawahiri. C’est pourtant lui l’architecte du « Mardi saint », les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Son procès, qui devrait se tenir l’année prochaine, sera le « procès du siècle ». La date et le lieu ne sont pas encore connus mais
François et Ségolène, séparés mais… inséparables
Dans la course à l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2012, l’affrontement entre François Hollande et Ségolène Royal sera inévitablement perçu comme une réplique du déchirement de cet ancien couple. Par François Soudan
{source}<!-- You can place html anywhere within the source tags --><div id="fb-root"></div><script src="http://connect.facebook.net/en_US/all.js#appId=263530966997940&xfbml=1"></script><fb:like href="http://www.larevue.info/index.php/politiques/5703-francois-et-segolene-separes-mais-inseparables" send="true" width="450" show_faces="true" font=""></fb:like><script language="javascript"
Pompidou-Nixon, les Mirage de la discorde
En 1969, de Gaulle parti, les relations franco-américaines en matière de défense prennent un tour plus serein. Restent quelques sujets sensibles, notamment les ventes d’avions de Paris à la Libye. Par Étienne Copel
Après des relations difficiles, voire conflictuelles, avec ses homologues américains, le président Charles de Gaulle se réjouit de l’arrivée de Richard Nixon à la Maison Blanche (voir le numéro 3 de La revue). Il n’a pas tort : un énorme revirement de la stratégie américaine ne tarde pas à se produire. Dès leur première rencontre, fin février 1969, le président américain tout nouvellement élu lui déclare
Où va le Maroc ?
Le Palais a tiré les enseignements du printemps arabe. À la montée des revendications sociales, Mohammed VI répond par une volonté réformatrice toujours plus forte. Par Pascal Airault, envoyé spécial à Rabat
Dimanche 27 mars, 14 heures. Place Nevada à Casablanca. Quelques gosses jouent au ballon sous le regard de policiers en civil aux aguets. Un peu plus loin, d’autres agents en uniforme attendent dans leurs fourgons. Un calme -apparent que vont venir troubler de petits groupes d’individus convergeant des grandes artères de la ville. En moins de cinq minutes, quelque deux cents personnes investissent les lieux
DSK et le syndrome d’autopunition
Dominique Strauss-Kahn n’a jamais été ma tasse de thé. Pour les raisons que l’on se complaît à étaler une fois l’homme à terre et dont j’avais eu écho. Pourtant, l’autre jour, en apprenant son maintien en détention, puis en regardant les impitoyables images de sa comparution devant le juge de New York, j’ai été envahi par une immense tristesse, mêlée de pitié pour cet homme au pardessus mal ajusté, marchant sans une protestation, sans agitation, comme un animal que l’on conduit à l’abattoir.
Tristesse mêlée de colère, parce que son crime supposé, mais entouré d’indices accablants, nous atteint tous. La même tristesse éprouvée il y a quelques mois devant de semblables images, celle de l’escroc Madoff, chez qui étaient déposés certes des fortunes de milliardaires,
mais aussi l’argent de caisses de retraite et d’œuvres de bienfaisance.
Qu’est-ce donc que cette nouvelle banalité du mal ?
Gare au gourou
Gare au gourou Conseiller en communication de François Mitterrand, Jacques Pilhan décide à l’été 1993 de travailler secrètement pour Jacques Chirac. Après avoir contribué à l’élection du premier, il assurera la victoire du second.
Par Henri Marque
Le 25 octobre 1993, François Mitterrand est satisfait de son Heure de vérité sur la deuxième chaîne, préparée une fois de plus par son (bon) génie de la communication, Jacques Pilhan. Le chef de l’État a pu dire ce qu’il pensait de la cohabitation dite « tranquille » ou encore « de velours » avec Édouard Balladur. Il a reconnu sans se compromettre qu’elle se déroulait «
Sécurité Contre les « bombes sales » : le dirigeable
Silencieux, capable de voler très lentement à basse altitude, le « plus léger que l’air » représente un atout d’envergure pour la sécurité civile.
Majestueux. Débonnaire. À la mi-mars, les Parisiens ont admiré pendant plusieurs jours le zeppelin d’Airshipvision qui sillonnait leur ciel. Ce n’était pas la première fois qu’un gros dirigeable volait au-dessus de leurs toits, mais jamais aucun n’était resté si longtemps. Manifestement, il n’était pas là pour le plaisir de quelques touristes privilégiés. Il était là parce que l’on avait besoin
Allemagne - Fini le multiculturalisme
Angela Merkel a pris acte de l’échec d’un modèle basé sur la cohabitation des communautés. Ce faisant, la chancelière attise le climat de xénophobie et favorise le renouveau du concept de « nation ». Par Juliette Morillot
Mesut Özil est le héros de tout un pays. Dans une Allemagne minée par le débat sur l’intégration, le nouveau prodige de la Nationalmann-schaft (l’équipe d’Allemagne de football) est devenu l’éclatant symbole de la génération M – « M » pour Multikulti, « vivre côte à côte sans se mêler ». Quand il entre sur le terrain, il récite des versets du Coran et prie pour la santé de son équipe. Et
Le pari de Salam Fayyad
Fort de ses succès économiques, le Premier ministre palestinien n'a qu'un objectif : créer un État indépendant en 2011. Mais saura-t il surmonter l'opposition du Hamas et celle des apparatchiks du Fatah ?
«La seule chose à laquelle je suis candidat, c'est à la création d'un État. » Chaque fois qu'il est interrogé sur son avenir, ces mots reviennent dans sa bouche. À 58 ans, Salam Fayyad ne peut être comparé à aucun homme politique. Là où d'autres céderaient à la démagogie, lui privilégie l'action et place sa propre ambition au service de l'intérêt collectif. « La déclaration d'indépendance n'est pas ma
Al-Qaïda, c'est fini
Parce que les musulmans n'ont jamais adhéré aux pratiques barbares de l'organisation de Ben Laden et de Zawahiri, la stratégie du djihad planétaire a échoué. Tel est le diagnostic du politologue et historien Jean-Pierre Filiu, l'un des grands spécialistes français de l'islamisme.
Des attentats kamikazes quotidiens en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, des complots déjoués au c?ur de l'Amérique, Oussama Ben Laden introuvable... Neuf ans après les opérations du 11-Septembre, qui ont inauguré le terrorisme sans frontières, Al-Qaïda n'a apparemment rien perdu de sa force de frappe. Pourtant, tel n'est pas le jugement de Jean-Pierre Filiu. L'organisation a éclaté en plusieurs groupes autonomes
ANGELA MERKEL Tellement Allemande
La chancelière est au plus bas dans les sondages. Mais ses adversaires de droite comme de gauche devraient se méfier de cette femme du juste milieu qui, en bonne scientifique, n'exclut aucune hypothèse.
C'est à ne rien comprendre au désamour actuel des Allemands vis-à-vis d'Angela Merkel, leur chancelière ! Elle qu'ils avaient reconduite dans un fauteuil, il y a un an, à la tête du gouvernement pour un second mandat voit son action gouvernementale créditée de moins de 10 % d'opinions favorables. Si l'Allemagne revotait aujourd'hui, elle manifesterait sa mauvaise humeur en donnant une nette majorité à la gauche
Le pari de Salam Fayyad
Fort de ses succès économiques, le Premier ministre palestinien n'a qu'un objectif : créer un État indépendant en 2011. Mais saura-t il surmonter l'opposition du Hamas et celle des apparatchiks du Fatah ?
«La seule chose à laquelle je suis candidat, c'est à la création d'un État. » Chaque fois qu'il est interrogé sur son avenir, ces mots reviennent dans sa bouche. À 58 ans, Salam Fayyad ne peut être comparé à aucun homme politique. Là où d'autres céderaient à la démagogie, lui privilégie l'action et place sa propre ambition au service de l'intérêt collectif. « La déclaration d'indépendance n'est pas ma
Combien de pays dans le monde ?
L'ONU compte 192 membres, parmi lesquels Monaco, Saint-Marin et plusieurs îles minuscules. Taïwan et le Somaliland, en revanche, n'en font pas partie. Difficile de s'y retrouver.
Le 9 janvier 2011, la communauté internationale pourrait bien s'enrichir d'un nouvel État. Ce jour-là, en effet, les habitants du Sud-Soudan décideront par référendum s'ils souhaitent ou non l'indépendance de leur région. En cas de réponse positive, la nouvelle entité, vaste d'environ 600 000 km2 et peuplée de quelque 10 millions d'habitants, devrait rapidement devenir le 193e membre des Nations unies.
Est-ce à






