Dossier: ENQUETE La fin de la vie privée
«Je retrouve l'animation de la rue, ses caméras, ses puces microscopiques, ses téléphones espions.»(crédit : Dorothea Schmid/ Gruppe28 /REA)Le respect de la vie privée est sacré et le droit à l'anonymat protégé par l'article 9 du code civil. Il suffit cependant de s'attacher aux pas d'un Parisien ordinaire pour constater la difficulté d'aller et venir incognito. Démonstration. Par Nicolas « K » Michel
« Je m'appelle Nicolas K., et c'est tout ce que je souhaiterais que l'on sache de moi. Pourtant... À 7h15 ce jeudi-là, mon téléphone portable se met à vibrer. D'une main maladroite, j'interromps la sonnerie. Encore ensommeillé, je me lève, me dirige vers la salle de bains et m'asperge le visage. La maisonnée est endormie. Gestes mécaniques : s'habiller, boire un café, avaler deux canistrelli, prendre mon sac et quitter sans bruit l'appartement.
À 7h45, je traverse la rue Demarquay, dans le 10e arrondissement de Paris, rejoins la rue de l'Aqueduc, puis la rue La Fayette. C'est là que je remarque, pour la première fois, l'?il d'une caméra qui est braquée sur moi. Elle est fixée à côté de l'horloge, au-dessus de l'entrée du RER E. À un endroit qui permet sans doute de surveiller l'ensemble de la rue. Je poursuis mon chemin vers la bouche de métro. Ligne 4, changement à Strasbourg-Saint-Denis, puis ligne 9 jusqu'à Michel-Ange-Auteuil. M'enfonçant dans les dédales du métro, je ne peux m'empêcher de repérer une caméra en bas des marches, une autre qui filme l'escalier d'en face et trois autres encore orientées dans des directions différentes à l'entrée de la gare du Nord. Pourquoi la Régie autonome des transports parisiens (RATP) a-t-elle besoin de me regarder passer? Pour me protéger, bien sûr. Des voleurs, des violeurs, des agresseurs, des tapageurs, des maraudeurs, des fraudeurs - de tous ceux qui alimentent les peurs de mes contemporains.
Arrivé devant les portes automatiques qui contrôlent l'accès au métro, je sors de la poche intérieure de ma veste le passe Navigo qui me permet, par simple application sur une borne, d'accéder à mon moyen de transport. Un bip électronique sonore, et les portes s'ouvrent. Je descends vers le quai et attends la prochaine rame. Là, pris dans le tir croisé de deux caméras, je songe aux informations que mon passe envoie à la RATP. Heure et lieu d'entrée dans le métro. Déplacements journaliers. Nombre de voyages. Heure de sortie. Soudain inquiet d'être suivi pas à pas, je rêve à une campagne reculée où les arbres ne sont pas équipés de caméras et où les seules traces de mon passage seraient une empreinte de botte dans la boue ou une brindille brisée au milieu du chemin, indices pour ?il de Sioux... En arrivant au bureau, je me renseignerai sur les informations que conserve la RATP. Si possible, je demanderai qu'elles soient détruites - la France est une démocratie, tout de même!
Une fois dans le métro, j'ouvre le journal. Un réseau de trafic de drogue vient d'être démantelé par la police, qui a réussi, en interceptant les conversations téléphoniques, à localiser les appels. Je regarde autour de moi : à gauche, mon voisin pianote sur son iPhone. Devant lui, une jeune femme fait des mines en chuchotant dans son Nokia. Un peu plus loin, un costume-cravate a le nez collé sur son BlackBerry. Je sors mon Sony Ericsson de ma poche. Qu'y a-t-il dans cet appareil? Tous mes contacts, des photos, la mémoire de mes appels, des SMS envoyés. Et toute une technologie en constante évolution qui permet - par exemple - de localiser son propriétaire où qu'il soit. Je n'ai pas grand-chose à me reprocher vis-à-vis de ma femme ou de mon employeur (à ce jour), mais est-ce que cela a toujours été le cas? Mieux vaut n'y point penser. Sortie du métro. Sur une trentaine de mètres, une dizaine de caméras. J'adresse une grimace à celle qui se cache derrière une boule noire, au-dessus du distributeur de billets où je me suis arrêté. Depuis des années, j'utilise ma Carte Bleue pour régler mes achats. Ma banque sait tout de moi. Ma consommation annuelle de café, mes sorties au restaurant, mes paiements en ligne sur Internet. Ce n'est pas tout : j'ai dans mon portefeuille bien d'autres cartes à puce. Ainsi ma carte d'assurance-maladie, dite ?Vitale?, qui me lie à mon passé médical : maladies, opérations, consommation de médicaments, consultations chez tel ou tel docteur; ma carte Flying Blue, qui me rapporte des ?miles?, mais permet aussi de conserver une série de données sur mes voyages en avion; la carte Enfant + de la SNCF : même chose pour les trains; la carte UGC, qui permet à la compagnie de distribution cinématographique de savoir tous les films que je suis allé voir, y compris les moins avouables, comme L'Attaque de la moussaka géante. Heureusement, j'ai toujours refusé les cartes de fidélité des grands magasins, du type FNAC, Leroy Merlin ou Monoprix.
Ma vie est scrutée, fichée, archivée, disséquée. Qu'y puis-je? À peine assis à mon poste, j'allume mon PC avec la ferme intention de me renseigner sur les moyens de protéger les lambeaux de vie privée qui me restent. Pourtant, pendant quelques minutes, je reste paralysé face à l'écran LCD, à son ?il carré et lumineux qui m'observe. Je sais. Mes déplacements dans le monde virtuel sont eux aussi enregistrés dans l'historique de mon navigateur, et je signe ma présence avec l'adresse IP de mon ordinateur. Tant pis. Je continue.
Ma première victime sera la RATP, ses milliers de caméras et son Navigo. Je rédige un e-mail à l'intention du service clientèle. ?Bonjour. Détenteur d'un passe Navigo, j'aimerais savoir quelles sont les données conservées, combien de temps elles le sont et s'il est possible de faire en sorte que mes déplacements ne soient pas enregistrés. Je vous remercie pour votre réponse.? Ladite réplique ne se fait pas attendre, signée Nathalie Dufors1, du département commercial-animation de la relation client : ?Je comprends tout à fait votre demande et souhaite vous apporter les précisions suivantes.? Bon, ça commence bien. ?La RATP ne conserve pas ces informations et ne peut donc les diffuser. En effet, les systèmes de validation ont été conçus pour qu'aucune possibilité de reconstituer les déplacements d'une personne ne soit matériellement réalisable, conformément à la recommandation adoptée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) le 16 septembre 2003.? Ouf! Mais c'est après que ça se gâte. ?Par ailleurs, le cumul journalier des validations (sans indication du lieu ni de l'heure) est conservé pendant un maximum de deux mois, à des fins de contrôle de la qualité de fonctionnement. Ces données ne sont communiquées à aucun tiers.? J'en déduis que la RATP ne conserve pas ces informations, mais qu'elle les conserve pendant deux mois. Logique. Enfin, ?les systèmes informatiques billettiques de la RATP ont reçu un avis favorable de la CNIL au mois d'avril 2004?.
En journaliste qui vérifie ses informations, je me rends sur le site de la commission et tape ?RATP? dans le moteur de recherche. J'y apprends que la régie parisienne a été incitée à mettre en place un passe anonyme, mais qu'elle fait tout pour décourager les éventuelles demandes. La CNIL a peut-être émis un ?avis favorable? en 2004, mais en avril 2010, elle écrit ceci : ?La CNIL demande donc, une nouvelle fois, au Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF) d'aligner les conditions de vente des passes anonymes sur celles des passes nominatifs afin de garantir, pour toutes et tous, le droit au respect de sa vie privée.? Il y a comme une légère différence.
Poussé par une curiosité malsaine, je saisis ?Nathalie Dufors RATP? sur Google. Je tombe alors sur un commentaire désobligeant laissé par un internaute excédé par les dysfonctionnements de tel ou tel RER et doutant apparemment des compétences de Mme Dufors. Je n'ignore pas que, depuis quelques années déjà, un simple détour par Google peut permettre à n'importe qui d'en apprendre beaucoup sur les études ou l'activité professionnelle de... n'importe qui. Je sais aussi qu'un gamin un peu calé en informatique pourrait sans grande difficulté décrypter le mot de passe de mes messageries et s'approprier bien des détails de ma vie intime ou professionnelle. Pour peu que cela intéresse quelqu'un, mon ?portrait? virtuel est disponible en quelques clics. Photos comprises, puisque je développe les miennes via le site Photoways. Et s'il m'était par ailleurs arrivé de m'épancher sans précaution sur le réseau social Facebook, ce serait pain bénit pour les curieux.
Heureusement, il y a la CNIL. Une institution qui est là pour me protéger. Informatique et libertés, tout un programme. Dans l'idée de me rassurer, je me rends sur son site. Au lieu de décroître, mon angoisse s'accentue. Je découvre qu'il existe de nouveaux réseaux sociaux baptisés Foursquare, Aka-Aki ou Bright-Kite, qui permettent de localiser ses amis ou ses parents en temps réel, pour peu qu'ils soient dotés d'un téléphone portable. N'espérez plus musarder tranquillement. Chérie, pourquoi es-tu au 24 de la rue d'Alésia, avec mon ami Patrick, alors que tu devais rester travailler à la maison? J'apprends la création en Allemagne d'un fichier Elena, qui, à son lancement, répertoriait les informations les plus variées sur des millions de salariés (ressources, salaires, temps de grève, absentéisme, licenciements...). Que la police française dispose elle aussi de très nombreux fichiers aux usages infinis (45 à la fin 2008, dont Cassiopée, le Fichier automatisé des empreintes digitales, le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques, le Fichier des personnes recherchées, le Système d'information Schengen et le Système de traitement des infractions constatées, aussi consulté que contesté2). Que Google Street View permet de se promener virtuellement dans n'importe quelle rue de Noisy-le-Sec ou de Washington et d'y recenser, par exemple, les voitures stationnées à un instant T.
Ce n'est pas fini : en collaboration avec des partenaires de la grande consommation et de l'informatique, l'entreprise allemande Metro expérimente l'usage des nouvelles technologies dans une grande surface afin de diriger les clients vers les produits qu'ils achètent habituellement, et pour scanner l'ensemble de leur Caddie au moment du paiement. J'ai ainsi confirmation que les puces RFID (identification par radiofréquences) nous ont envahis et qu'elles sont loin d'être inoffensives. ?Les puces RFID permettent d'identifier et de localiser des objets ou des personnes, explique la CNIL. Elles sont composées d'une micropuce et d'une antenne qui dialoguent par ondes radio avec un lecteur, sur des distances pouvant aller de quelques centimètres à plusieurs dizaines de mètres. [...] Aujourd'hui, elles sont déjà présentes dans les titres de transport (Navigo, carte Vélib'...), les passeports électroniques, les badges d'accès aux immeubles (Vigik...), les porte-monnaie électroniques, les clés de contact des voitures, la logistique pour la gestion des bagages dans les aéroports ou des stocks dans les magasins. [...] Si tous les objets de notre vie quotidienne sont ainsi ?tagués', il sera possible de pister les individus dans tous les actes de la vie quotidienne...?
Je me tasse dans mon fauteuil. Je suis seul dans mon bureau, mais j'ai la désagréable sensation d'être observé du coin de l'?il. Par mon employeur. Par la police. Par mes amis. Mes ennemis... Bien que convaincu des immenses bénéfices à retirer des progrès de l'informatique, je frémis en découvrant que le groupe Thales, spécialisé dans l'électronique, l'aérospatiale, la défense et les technologies de l'information, vient d'inventer ?la supervision nouvelle génération?. Baptisé du sympathique sobriquet ?Hypervisor?, le système sert, en quelque sorte, à relier plusieurs systèmes d'information entre eux. Explications de l'industriel sur son site Web : ?Contrôle total. [...] Il faut pour cela compiler une grande quantité de données remontées de sous-systèmes complexes tels que vidéosurveillance, réseaux de capteurs et systèmes de suivi GPS. La capacité du système à zoomer sur un point donné, dans une agglomération par exemple, se révèle un atout vital en cas de crise en procurant aux décideurs toutes les informations nécessaires pour analyser une situation et coordonner le déploiement des moyens nécessaires.? Après Terminator et Predator, Hypervisor : heureusement, il existe un logiciel, nommé TOR, qui permet de naviguer de manière anonyme sur la Toile. Je décroche mon téléphone et, abusant de ma position de journaliste, prends rendez-vous avec Alex Türk, 60 ans, sénateur du département du Nord (divers droite) et président de la CNIL depuis 2004. À toutes fins utiles, j'efface l'historique de mon navigateur Internet. Vingt-cinq minutes et autant de caméras plus tard, je me retrouve en face du sénateur, affable, souriant et pressé. Alex Türk est plutôt satisfait. À la tête d'une institution qui dispose de 13 millions d'euros pour fonctionner et de quelque 140 salariés, il vient d'obtenir une augmentation budgétaire et devrait pouvoir recruter près de 60 personnes supplémentaires d'ici à deux ans. C'est moins que les Allemands (400 employés), les Canadiens (300) ou les Anglais (270), mais c'est déjà ça.
?Ce n'est toujours pas suffisant, et d'une certaine façon, ça ne peut pas l'être, admet M. Türk. On ne va tout de même pas mettre une CNIL entre chaque citoyen et chaque nouvelle technologie.? Cinq ingénieurs, experts en technologies de haut niveau, ?bientôt sept?, c'est en effet très rassurant. ?La CNIL est devenue une espèce d'éclaireur, de vigie de la société française. Toutes les technologies du numérique qui sont en train de bouleverser notre mode de vie, notre civilisation, nous les prenons de plein fouet, avant quiconque. On pourrait très vite être largué.? Parce qu'on ne l'est pas? Il est encore possible de protéger son intimité? ?C'est encore possible, pour quelques mois, pour quelques années. On peut encore avoir une conversation tous les deux sans être écoutés. Mais dans trois ou quatre ans, on saura que vous êtes venu, ce que vous avez dit et à qui vous l'avez dit. C'est toute la problématique des puces RFID et des nouvelles technologies.? Tiens, M. Türk semble soudain moins optimiste. Question : ?Les puces RFID, c'est ce qui vous inquiète le plus?? Réponse : ?Ce qui m'inquiète le plus, ce sont les nanotechnologies. Les plus petites puces RFID opérationnelles, me dit-on, sont un peu plus petites qu'un grain de riz cru. Dans le cas des nanotechnologies, c'est microscopique. La différence de nature est importante : on ne peut pas savoir s'il y en a ou pas.? Et, dans l'ignorance, chacun pourrait bien en venir à s'autocensurer, à vivre dans la crainte de n'être pas seul.
?S'il est possible, dans les années qui viennent, de créer et de développer de manière commerciale des systèmes d'information nanotechnologiques qui voient, entendent, écoutent, alors je considère que la vie privée est annihilée. Nous allons nous formater, nous ressembler, nous cloner mentalement.? Bigre, le sénateur devient pessimiste. ?Vous avez été inquiet en visitant notre site? Vous allez l'être encore plus après m'avoir entendu.? Si c'est le président de la CNIL qui le dit, sans doute est-on fondé à le croire.
Tous les articles de presse portant sur la question de la vie privée évoquent George Orwell ou Aldous Huxley. Alex Türk a, au fond, une vision plus sombre encore. ?Au moins, à l'époque de la Stasi, quand on voulait se parler sans être écouté, on se donnait rendez-vous au zoo devant la cage des tigres et on s'adressait la parole dans le feulement des fauves. Ça, c'est fini. Entre la grosse machinerie de la Stasi contre laquelle on peut se révolter et des milliards de puces constituées d'éléments nanotechnologiques, je préfère encore la solution Big Brother : lui, on peut le renverser.?
N'y a-t-il pas moyen d'inverser la tendance? La réponse est claire : pas vraiment. ?Je pense que les deux grandes questions pour l'avenir de l'homme, c'est, premièrement, le réchauffement climatique et, deuxièmement, l'autre environnement, la bulle de la vie privée. Je développe l'idée que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue si ce n'est pas dans un environnement physique sain et dans un environnement mental - la vie privée - protégé. Peut-on agir? C'est comme si vous me demandiez maintenant : va-t-on échapper au problème climatique? On a déjà trente ans de retard...?
Le rendez-vous avec Alex Türk s'achève sur cette note peu encourageante. Je retrouve l'animation de la rue parisienne, ses caméras, ses téléphones espions, ses puces microscopiques. Je me sens plus nu qu'un ver. Mon ADN est sans doute fiché quelque part. Mes empreintes digitales ont peut-être été archivées. Mes préférences sexuelles et mes fantasmes n'ont pas échappé à ceux qui ont accès à tous les sites pornographiques que j'ai pu visiter. Mes lectures sont connues, de même que mes opinions politiques, mes mensurations, mes passions, mes défauts, les détails de mon CV, l'âge et le prénom de mes enfants. Mes enfants... Leur évocation me trouble. Ne suis-je pas en train de devenir trop méfiant vis-à-vis des nouvelles technologies? De tourner un brin réactionnaire? J'ai 36 ans depuis quelques semaines et sais combien sont nombreux les plus jeunes qui ne considèrent pas que la photo les montrant ivres sur Facebook puisse menacer leur futur emploi. Qui ne craignent pas que leur smartphone puisse permettre à quelqu'un de mal intentionné, un ou une ?ex?, par exemple, de diffuser des images intimes. Ni ne redoutent que leur adresse IP trahisse tous leurs secrets.
Assis à une table de bistrot devant un demi, je me force à renverser la question : et si, justement, le fait de ne pas exposer sa vie intime sur tel ou tel réseau social pouvait justement rendre un employeur méfiant? ?Google ne dit rien de ce candidat, c'est louche, il doit avoir quelque chose à cacher...? Dans le domaine médical, les nanotechnologies sauveront des vies, c'est sûr. Je finis ma bière. Non, je ne m'inquiète pas vraiment d'un éventuel totalitarisme orwellien dont la puissance serait démultipliée par le progrès des technologies de surveillance. Je redoute plutôt de perdre le contrôle sur ce que je sais être - et veux être le seul à savoir - face aux fichiers marketing des grandes centrales marchandes, qui n'ont de cesse de transformer le citoyen en client compulsif, incité à consommer plus qu'il ne le souhaite. L'article 12 de la Déclaration universelle des droits de l'homme est clair : ?Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.? Se protéger sans s'enfermer, profiter du progrès sans le subir. Plus rassurant que le numéro conseil de la CNIL3, il y a le nombre. Six milliards d'humains interconnectés, c'est une certaine garantie d'anonymat, non?
J'éteins mon téléphone portable. Je choisis de rentrer chez moi à pied. En arrivant, je réunis ma femme et mes enfants. ?Cet été, nous partirons en vacances dans le maquis corse. Vous savez, cette bergerie du Tavignano, sans téléphone, sans télé, sans ordinateur ni aucun autre moyen de télécommunication...? Les enfants protestent : ?Il n'y a que des chênes, des buissons et des blocs de granit!? Peu importe, c'est encore moi qui décide. Rien de tel qu'une cure d'air pur et de vie privée, avant de retrouver la ?civilisation?. »
1. Le nom a été changé.
2. La CNIL a souligné en 2009 l'« absence quasi systématique » de mise à jour du STIC, le plus important fichier de police (36 millions de dossiers).
3. CNIL, tél. : 0153732222.
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