Le mystère Rama Yade
En déplacement au Soudan, en octobre 2007, alors qu'elle est secrétaire d'état aux Droits de l'homme.(crédit photo: Xavier Rossi/Gamma)Monsieur Charasse, la force de Rama Yade, n´est-ce pas que Nicolas Sarkozy ne peut pas la virer du gouvernement? ? Malheureux! Ne lui dites pas qu´elle est ?invirable?. Elle va vous arracher les yeux. Elle considère cela comme une insulte! » Avec sa verve, Michel Charasse raconte bien Rama Yade. Depuis qu´il l´a vue arriver dans le corps des administrateurs du Sénat, il la couve, il la soutient. Et, mieux que personne, il sait qu´elle est extrêmement chatouilleuse sur un point : les avantages politiques qu´elle tire de ses origines africaines.
Ce qui se cache derrière le sourire espiègle de la jeune Rama Yade, c´est d´abord cela. Une blessure. Tout est parti d´une petite phrase lâchée par Roselyne Bachelot, un jour de mai 2007 : « Elle est femme et noire, elle va être promue. Heureusement qu´elle n´est pas lesbienne et handicapée, sinon elle serait Premier ministre. » Depuis trois ans, depuis que Nicolas Sarkozy l´a fait entrer au gouvernement, cette blessure n´est pas cicatrisée. Pour elle, cette phrase est insupportable, car elle réduit à néant tous les efforts qu´elle a consentis pour s´en sortir.
Née à Dakar il y a trente-trois ans, elle arrive en France à l´âge de 11 ans, prépare son bac avec l´aide de sa mère, diplômée de littérature, entre à Sciences-Po et réussit le concours - réputé difficile - des administrateurs du Sénat. En clair, c´est une bûcheuse.
La blessure est si profonde que Rama nie l´évidence. Au fond d´elle-même, elle sait bien qu´elle ne doit pas son ascension éclair - secrétaire nationale de l´UMP à 29 ans, secrétaire d´état aux Droits de l´homme à 30 ans - à ses seuls mérites. Elle sait bien qu´en 2007, à son entrée au gouvernement, elle était une icône de la diversité, comme Fadela Amara et Rachida Dati (lire pages 42 à 47). Mais elle fait semblant de ne pas le savoir, et elle s´entête : « J´ai un parcours classique, celui de la méritocratie républicaine. Nicolas Sarkozy et François Fillon m´ont fait confiance sur la base de mes compétences. S´il fallait un Noir pour un Noir, il y en avait d´autres à l´UMP » (lire Jeune Afrique n° 2511 du 22 au 28 février 2009). Rama ou l´icône complexée.
Son obsession? Prouver qu´elle n´est pas un gadget. Très vite, dès la fin de 2007, elle se construit une image de rebelle au sein du gouvernement. Beaucoup y voient alors l´insolence de la jeunesse, la rugosité du diamant brut. Au contraire, c´est calculé. Rama Yade est une fausse spontanée. Elle réfléchit et elle consulte. Beaucoup. Elle, « la musulmane discrète », comme l´appelle Charasse, écoute avant tout les conseils de son mari, Joseph Zimet, un Juif ashkénaze.
Dans la famille Zimet, c´est un peu compliqué à suivre. Le père, Ben Zimet, est un grand chanteur yiddish. Il vit dans la médina de Dakar et s´est converti à l´islam il y a cinq ans sous le nom d´Abdoulaye, avant d´épouser une jeune femme sénégalaise. Le fils, Joseph Zimet, a été socialiste. Puis il a suivi le transfuge Jean-Marie Bockel dans son aventure éphémère au ministère de la Coopération. Aujourd´hui, il s´occupe du patrimoine et des archives au ministère de la Défense. C´est moins palpitant. Joseph a pour Rama les yeux de Rodrigue : « Très vite, elle va ensorceler tout le monde. Je crois qu´on en a pris pour trente ans. »
Rama Yade écoute aussi les avis de quelques vieux sages comme Valéry Giscard d´Estaing ou édouard Balladur. « Au moins, ceux-là ne sont pas en rivalité. Leurs points de vue sont désintéressés », dit-elle. En décembre 2008, ce sont eux qui lui conseillent de ne pas se présenter aux européennes de juin 2009, au grand dam de Nicolas Sarkozy.
La force politique de Rama Yade - et peut-être la raison pour laquelle elle est dans le top 5 des personnalités préférées des Français -, c´est son aptitude à trouver des postures rebelles qui collent à l´air du temps. En décembre 2007, lors de la visite du colonel Kaddafi à Paris, elle comprend le désarroi de beaucoup de gens et lance : « Notre pays n´est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s´essuyer les pieds du sang de ses forfaits. » Bien envoyé! En novembre 2009, elle devine que les Français sont prêts à passer bien des choses à leurs footballeurs (pourvu qu´ils gagnent), et elle s´oppose à sa ministre de tutelle - une certaine Roselyne Bachelot - lorsque cette dernière décide de retirer aux sportifs leurs avantages fiscaux. Au passage, la nouvelle secrétaire d´état aux Sports se met dans la poche les milieux sportifs. Encore bien joué!
Le problème, c´est que ses actes de rébellion ne vont pas bien loin. « Rebelle sans cause », la surnomme Canal+ lorsque sa marionnette apparaît aux Guignols de l´info. « Elle fait comme le saumon, s´amuse l´ancien ministre André Santini. Elle est dans le courant, mais elle est contre. C´est dur à tenir. » Quand Mouammar Kaddafi vient, elle proteste mais ne démissionne pas. Quand Nicolas Sarkozy apprend par la radio qu´elle refuse d´aller aux européennes et lâche : « Elle a pris le melon! », elle essaie de l´amadouer en lui envoyant une boîte de chocolats… en forme de c?ur. Quand, quelques mois plus tard, le même Sarkozy lui donne « une deuxième chance » en la nommant aux Sports, elle profite d´un Conseil des ministres pour lui glisser un petit papier : « Monsieur le président, un seul mot : merci! » Et ce dernier de le lui retourner, souverain : « Surtout, ne me déçois pas! Fais ton travail, et tout ira bien. » Commentaire d´un de ses amis : « Elle est dans ce besoin d´être proche du président. Avec lui, elle a un rapport au père qui est assez frappant. »
La blessure, mais pas seulement. Rama Yade cache bien d´autres choses derrière ses sourires enjôleurs. D´abord, elle dissimule une détestation des élites. Un jour de juin 2007, le président gabonais est à Paris, et François Fillon se souvient : « Pour lui faire serrer la main à Bongo, ça a été très, très compliqué. » Un autre jour, c´est le président congolais, Denis Sassou Nguesso, qui est de passage en France, et elle refuse de le rencontrer.
Surtout, en octobre 2009, au plus fort de la polémique sur la désignation de Jean Sarkozy, le fils du président, à la tête du quartier d´affaires de la Défense, elle lance : « Il ne faut pas donner le sentiment qu´il y ait une coupure entre les élites, qui se protégeraient, pour lesquelles il y a une justice de puissants, et puis les petits, pour lesquels la justice est sévère. Cela risquerait de remettre en selle le Front national. »
à l´époque, les courtisans du Château crient au complot et les commentateurs politiques spéculent sur un prochain départ de Rama Yade du gouvernement. Mais ils se trompent. Ses propos ne sont pas de circonstance. Neuf mois plus tôt, elle déclarait : « Le système politique français favorise les héritiers et les cooptés […], ce qui explique le fossé entre les élites politiques et le peuple » (Politique internationale, hiver 2009). Qu´on se le dise : les élites - auxquelles elle appartient peu ou prou -, elle n´aime pas! Il serait d´ailleurs amusant de connaître son point de vue sur Karim Wade, le fils bien aimé que le président sénégalais prépare à assurer sa succession…
Alors, Rama Yade, crypto-socialiste? Bien sûr, elle s´en défend, sur le thème : « En France, tous les partis sont élitistes, à gauche comme à droite. » Mais la question n´est pas complètement idiote. Libération a cette jolie formule : « C´est une femme avec des valeurs de gauche dans un gouvernement de droite. » Et en novembre dernier, quand elle refuse un « parachutage ethnique » dans le département du Val-d´Oise en vue des élections régionales, une vice-présidente socialiste de la région île-de-France lui offre « l´asile politique ». Elle lui propose même de conduire la liste PS dans les Hauts-de-Seine. Officiellement pour plaisanter. En réalité…
Sous ses airs policés de jeune fille éduquée au collège catholique Jeanne d´Arc de Colombes, Rama Yade dissimule encore quelque chose de plus profond : sa relation passionnelle avec l´Afrique, où elle a vécu jusqu´à l´âge de 11 ans. De ce point de vue, ses rapports avec son père sont parlants. Longtemps, elle a laissé dire dans la presse française que son père, ex-secrétaire particulier de Léopold Sédar Senghor et ex-diplomate à Paris, avait abandonné sa femme et ses quatre filles pour rentrer au Sénégal. La réalité est plus complexe. En 1990, l´année de ses 14 ans, Djibril Yade atteint l´âge de la retraite, et perd tous les avantages matériels du diplomate en poste à Paris. Il n´est donc plus en mesure de faire vivre sa famille dans la maison qu´il a louée dans les beaux quartiers de Colombes.
A-t-il vraiment abandonné tout le monde? Ou a-t-il proposé à sa femme de rentrer au Sénégal, et celle-ci a-t-elle refusé afin que les filles terminent leurs études en France? Les deux versions circulent. Ce qui est sûr, c´est que le père repart à Dakar, où il rejoint sa première épouse. Quant à la seconde - la mère de Rama Yade -, elle doit déménager et louer un modeste appartement dans une tour des quartiers populaires de Colombes.
Pas simples, les rapports entre Rama Yade et son père! Après le départ de Djibril Yade, les ponts ne sont pas coupés. La preuve : pour nourrir son mémoire de Sciences-Po, elle lui demande de lui décrocher un stage de quelques semaines au Conseil économique et social du Sénégal - ce qu´il fera. Mais huit ans plus tard, quand la toute nouvelle secrétaire d´état aux Droits de l´homme débarque à Dakar en compagnie de Nicolas Sarkozy, elle fuit son père de peur qu´il ne se glisse dans le protocole sénégalais avec son boubou blanc et n´aborde le président français en disant : « Je suis le papa de Rama. » De son propre aveu, elle va même jusqu´à déserter la réception à l´ambassade de France pour éviter de croiser son géniteur!
Quand celui-ci découvre les confidences de sa fille dans les journaux, son sang ne fait qu´un tour. Il demande à l´un de ses vieux amis du Conseil économique et social de l´appeler pour lui passer un savon. L´a-t-il fait? Mystère. En tout cas, depuis cet incident, la fille et le père semblent réconciliés. Ces deux dernières années, Rama Yade est venue au moins deux fois à Dakar en visite privée. En décembre 2008, elle a même demandé à l´ambassade de France de mettre à sa disposition deux voitures officielles. Pourquoi deux? On ne sait pas. Et après sa dernière visite, son père assure : « Elle m´a envoyé 250000 francs CFA pour la Tabaski [nom de la fête du mouton en Afrique de l´Ouest, ndlr]. »
En fait, sa relation à l´Afrique ne se limite pas à des visites de famille. Elle n´en parle pas souvent mais, depuis une vingtaine d´années, Rama Yade est animée par une vraie passion identitaire. Comme beaucoup d´ados, elle a d´abord eu sa période Black Panthers, avec le poster de Malcolm X accroché au-dessus de son lit. En 2005, après les trois incendies d´immeubles parisiens qui ont coûté la vie à quarante-huit immigrés d´origine africaine, elle se révolte. Elle écrit son indignation dans un billet du Monde qu´elle signe sous le pseudonyme d´Aminata Fall - elle est à l´époque directrice de la communication de Public Sénat, la télévision de la chambre haute. Il faut, écrit-elle, que la France « cesse de regarder ses enfants comme des gens d´ailleurs et les reconnaisse enfin comme les siens ». En 2007, en pleine campagne électorale, elle publie Noirs de France, chez Calmann-Lévy. De ce livre, on oublie souvent le sous-titre : Les nouveaux neg´marrons. Les nègres marrons étaient les esclaves en fuite.
Surtout, en novembre 2008, après l´élection de Barack Obama, elle laisse éclater sa joie. Plus que sa joie, même. Elle confie au Point : « L´histoire des Noirs américains, j´en suis pénétrée depuis longtemps. C´est ce qui nourrit la rage intérieure. Ce n´est pas seulement politique, c´est identitaire. » La rage, l´identité : tout est dit. Et encore cette confidence à propos de Michelle Obama, qu´elle admire plus que tout autre : « C´est une vraie Afro-Américaine, avec toute cette rage à l´intérieur. »
Chez Rama Yade, ce genre de confidence est exceptionnel. En temps normal, elle met une barrière entre le politique et l´identitaire. Elle se retient, elle se protège. Tout juste laisse-t-elle voir aux visiteurs un portrait de Toussaint Louverture sur son bureau de ministre. Mais quelquefois, c´est plus fort qu´elle. Il faut que ça sorte. Et elle a cette phrase énigmatique en réponse à une question de Jeune Afrique sur la colonisation française en Afrique : « Si je ne supporte pas l´humiliation, c´est aussi en raison de ce passé collectif douloureux. Vous savez, il faut venir de très loin, en termes de réflexion personnelle, pour en arriver là où j´en suis » - sous-entendu, peut-être, pour arriver à ne plus avoir la rage.
La France, justement, Rama Yade reconnaît qu´elle ne l´a pas aimée d´emblée : « Le plus grave reste la traite négrière. Est-ce que je peux aimer un pays qui a pratiqué la traite? Quand je deviens française, à l´âge de 18 ans, je me pose la question, comme beaucoup de jeunes aujourd´hui » (Libération, 14 avril 2009). La France qu´elle aime, c´est celle de 1789, précise-t-elle à Politique internationale, parce que « les valeurs sont l´intérêt supérieur de la France ». Jolie formule! Et le Charles de Gaulle qu´elle admire, c´est celui qui déclare : « Confondre l´intérêt permanent de la France avec un grand idéal humain, voilà qui serait beau et en même temps profitable. » On se doute qu´elle ne doit pas beaucoup apprécier l´autre de Gaulle, celui qui couvre les coups tordus de Jacques Foccart au Togo et au Biafra. Et quand Jeune Afrique lui demande si la France doit demander pardon au Rwanda, elle se dérobe sans panache : « C´est une question trop importante pour que j´exprime une opinion personnelle. » Dommage.
évidemment, à ce stade, il vient à l´esprit une question très politiquement incorrecte. Quand on est Français, peut-on être à la fois identitaire et patriote? Cette question, Rama Yade a le cran d´y répondre sans que personne n´ose la lui poser. « Dans les années 1930, dit-elle, le maire de Sablé-sur-Sarthe, Raphaël élizé, était un Martiniquais. Au moment de la guerre, il a refusé de livrer sa ville aux Allemands, et il a fini par être déporté et par mourir à Buchenwald. Comme quoi, être issu de la diversité n´empêche pas d´être patriote. C´est une évidence pour moi, mais c´est toujours bon de le rappeler » (Politique internationale). Rama Yade ou l´art de lire dans les pensées secrètes de beaucoup de Français…
A-t-elle un avenir sans Sarkozy? Au lendemain de la déroute de son camp aux dernières régionales, nul doute qu´elle se pose la question. Aujourd´hui, tout va bien pour elle. La secrétaire d´état aux Sports va accompagner l´équipe de France de football en Afrique du Sud et, comme d´habitude, elle va attirer sur elle caméras et projecteurs. Mais, visiblement, elle pense déjà à 2012. La preuve, elle fait fuiter dans Paris Match qu´elle croit à une réconciliation Sarkozy-Villepin. On ne sait jamais ce qui peut arriver…
Surtout, pour survivre à une éventuelle défaite de son champion, elle sait qu´elle doit s´implanter localement et aller sur le terrain. Son objectif? Colombes, la ville de son adolescence, près de Paris. Son parti, l´UMP, lui donnera-t-il une circonscription « gagnable »? Pas sûr. « Dans les Hauts-de-Seine, il n´y a pas de place pour deux crocodiles mâles dans le même marigot. Alors, s´il y a en plus un crocodile femelle… », soupire un connaisseur, André Santini.
Au-delà de 2012, elle vise 2014, et la mairie de Colombes, où elle est déjà conseillère municipale et bataille contre un maire socialiste. Ses chances? « Elles sont réelles, analyse Santini, son colistier aux dernières régionales. Sur les marchés, elle plaît. Un signe qui ne trompe pas, ce sont les mômes qui vous demandent : ?Elle vient, Rama?? » Autre qualité, aux yeux de Santini : « Elle n´aime pas trop la fanfreluche et ne se fait pas prêter une nouvelle robe tous les quarts d´heure. » Sans doute pense-t-il très fort à Rachida Dati. Mais Rama, la star des plateaux télé, peut se montrer aussi désinvolte qu´une diva. Un jour de juin 2008, raconte Armelle Le Goff dans Rama Yade, itinéraire d´une audacieuse en politique (éditions Jacob-Duvernet), la secrétaire d´état aux Droits de l´homme reste coincée à l´aéroport de Kinshasa en attendant un avion. Comme le veut l´usage, l´ambassadeur de France patiente alors à ses côtés. Mais pendant deux heures, elle ne lui adresse pas la parole et passe son temps à envoyer des SMS en écoutant son iPod.
Rama Yade a-t-elle pris la grosse tête? « Disons que les chevilles ont gonflé, confie un de ses collègues du gouvernement. J´espère que la tête ne va pas être atteinte. » De temps en temps, elle-même se trahit : « J´ai 33 ans, et j´ai du talent » ou « Même BHL me veut pour un livre. » Tout est dans le « même ». La jeune femme peut aussi se braquer très fort. Bernard Kouchner en sait quelque chose. Dès le début de leur cohabitation au Quai d´Orsay, il s´étonne qu´elle ne l´appelle pas. Aucun coup de fil pendant une semaine. Puis, l´affaire Kaddafi aidant, leurs relations ne cessent de se dégrader. à la fin, ils ne se parlent plus. Chacun soupçonne l´autre des pires complots. La paranoïa atteint son comble en février 2009, le jour où Pierre Péan sort un brûlot contre le ministre des Affaires étrangères, Le Monde selon K.
Rama Yade peut-elle avoir un destin à la Obama? « Je lui conseille un parcours d´humilité », lâche Santini. Sous-entendu : elle a commencé par le haut, et c´est plutôt un handicap. Il faut désormais qu´elle laboure le terrain, comme Obama à Chicago. « Il faut aussi qu´elle prenne de l´épaisseur et qu´elle affiche mieux ses convictions, sans complexe », confie un de ses proches. Mais Michel Charasse a ce mot imparable : « Avec les histoires de parité et de diversité, c´est plus difficile de marginaliser une fille comme elle qu´il y a dix ans. » Sûr que l´ami Charasse va se faire arracher les yeux…
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